Un homme de 62 ans a été mis en examen à Dijon après avoir organisé une soirée présentée comme libertine, au cours de laquelle sa femme aurait été violée sous l’effet de substances administrées à son insu. Les faits se sont déroulés dans la nuit du jeudi 31 juillet au vendredi 1er août, à Dijon, vers 2h30 du matin. Ce sont les doutes d’un invité qui ont déclenché l’intervention de la police. L’homme, ayant participé à ce qu’il pensait être une soirée libertine, a contacté les forces de l’ordre en s’interrogeant sur le consentement de la femme avec laquelle il venait d’avoir une relation sexuelle. Il redoutait qu’elle n’ait ni discernement ni maîtrise de ses actes. Sur place, les policiers interpellent l’organisateur de la soirée, un homme de 62 ans, après avoir entendu sa compagne. Cette dernière, âgée de 44 ans, affirme ne garder aucun souvenir de la soirée. Selon ses déclarations, elle aurait été contrainte à plusieurs fellations. Elle explique avoir consommé de l’alcool, sans avoir conscience de la nature exacte de ce qu’on lui faisait ingérer. Elle dépose immédiatement plainte.
Accusations de viols aggravés en réunion
Selon le parquet de Dijon, l’homme est suspecté d’avoir administré à sa femme des substances, a minima de l’alcool, pour altérer son discernement, avant de la violer lui-même et d’inciter d’autres hommes à en faire autant. Le tout sous prétexte d’un « jeu libertin » présenté comme consenti. Il aurait ainsi facilité, voire encouragé, des viols ou agressions sexuelles commis par des tiers. Une information judiciaire a été ouverte pour viols aggravés, en réunion et par conjoint, avec la circonstance aggravante de l’administration de substances à l’insu de la victime. Ces faits sont passibles de vingt ans de réclusion criminelle. À l’issue de sa garde à vue, le mis en cause a été déféré samedi après-midi et mis en examen. Le parquet a requis son placement en détention provisoire, une décision en attente de délibéré.
Une affaire qui fait écho à celle de Mazan
Cette affaire n’est pas sans rappeler le dossier glaçant de Dominique Pélicot, condamné pour avoir organisé pendant des années des viols collectifs sur sa femme droguée à son insu, à Mazan dans le Vaucluse. Comme dans ce précédent, l’accusé de Dijon tente de se retrancher derrière le consentement présumé de sa compagne pour justifier l’organisation de la soirée. Pour l’instant, les enquêteurs ne savent pas si d’autres soirées du même type ont été organisées par l’homme mis en cause, ni combien d’agressions auraient été commises ce soir-là. L’enquête se poursuit pour déterminer l’ampleur des faits et l’identité éventuelle d’autres participants.
