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Autoroute : les « freinages fantômes » inquiètent, une conductrice lance l’alerte après un accident

Autoroute : les « freinages fantômes » inquiètent, une conductrice lance l’alerte après un accident
Autoroute : les « freinages fantômes » inquiètent, une conductrice lance l’alerte après un accident

À 110 km/h, sa voiture a freiné brutalement sans raison. Percutée et blessée, cette automobiliste lance un appel à témoignages qui révèle une inquiétante récurrence du phénomène. C’est sur l’A40, en Haute-Savoie, que Joanna, habitante de Décines (Rhône), a vécu l’accident qui a tout déclenché. En avril dernier, alors qu’elle roulait entre 110 et 130 km/h, sa voiture freine brusquement, sans obstacle devant elle ni action de sa part. Une seconde plus tard, un autre véhicule la percute de plein fouet. Sa voiture pivote à 180 degrés. Les passagers s’en sortent avec des entorses et des hématomes, les deux véhicules sont bons pour la casse. Elle évoque un « freinage fantôme », une défaillance soudaine et inexpliquée, possiblement liée à une erreur de capteur, une fausse détection ou un dysfonctionnement du système d’aide à la conduite. Mais ni la gendarmerie ni la justice ne demandent d’expertise, et son concessionnaire Peugeot ne donne aucune suite. Faute d’explication, elle lance début juillet un appel à témoignages dans Le Progrès.

250 témoignages, plusieurs marques concernées

Le résultat dépasse ses attentes : 250 réponses, venues de toute la France, décrivent des situations similaires, parfois bénignes, parfois tragiques. Certaines voitures freinent à l’approche d’un pont, d’un panneau, d’une ombre sur la route ou sans cause visible. Plusieurs marques sont citées. Les incidents s’étalent sur les quatre dernières années. Et si tous n’ont pas conduit à un accident, beaucoup ont généré une peur durable au volant. Pour l’heure, aucune preuve ne permet de cibler un constructeur en particulier, ni de pointer une technologie ou un sous-traitant. Interrogée par France Inter, Peugeot indique que le dossier de Joanna est « entre les mains de l’assurance du client » et que celle-ci n’a pas sollicité le constructeur à ce stade. Aucune réponse technique ne lui a été transmise, et Joanna refuse toujours d’envoyer son véhicule à la casse, dans l’espoir de faire établir une expertise indépendante.

Un phénomène sous-estimé ?

Ces freinages brusques non sollicités pourraient être liés aux systèmes d’assistance à la conduite, comme le freinage automatique d’urgence. Des capteurs mal calibrés ou une mauvaise interprétation des données pourraient provoquer des arrêts intempestifs, même en l’absence de danger réel. Mais tant qu’aucune étude n’est menée à grande échelle, le doute persiste. L’appel de Joanna vise donc à faire pression sur les autorités et les constructeurs pour déclencher des investigations. Car si ces incidents restent isolés sur le papier, leur accumulation inquiète. Derrière le silence des marques, les automobilistes demandent des réponses concrètes sur un phénomène qui, jusqu’ici, échappait largement aux radars officiels.

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