Madrid prévoit de déplacer quelque 500 mineurs non accompagnés de l’enclave de Ceuta vers le continent, après l’afflux massif de plus de 70 000 migrants depuis le Maroc le 30 juillet dernier. Le système de protection de l’enfance de Ceuta fonctionne désormais à plus de 4 600 % de sa capacité.
Le ministère espagnol de la Jeunesse et de l’Enfance a annoncé mercredi à la radiotélévision publique RTVE que ce chiffre provisoire de 500 enfants concerne ceux jugés les plus vulnérables parmi les mineurs arrivés lors du franchissement massif de la frontière maroco-espagnole fin juillet. La ministre de la Migration, Elma Saiz, a précisé sur la radio publique RNE que ces enfants seraient confiés à des organisations de protection de l’enfance sur le continent.
L’ampleur de la crise est saisissante : Madrid alloue à Ceuta une capacité d’accueil ordinaire de 29 places, mais les centres hébergent aujourd’hui environ 1 350 mineurs, selon RTVE. Le gouvernement de l’enclave a chiffré la saturation du dispositif à plus de 4 600 % de sa capacité initiale.
Selon le plan de Madrid, les enfants seraient répartis entre les régions autonomes espagnoles, placés en famille d’accueil ou réunis avec des proches. Le gouvernement de Ceuta a accepté ces transferts comme une « mesure extraordinaire », tout en maintenant que l’expulsion de toutes les personnes entrées irrégulièrement, mineurs compris, reste un « objectif prioritaire ».
La ministre Sira Rego, en charge de la jeunesse et de l’enfance au sein du gouvernement pro-immigration, a rejeté fermement toute idée d’expulsion des mineurs, qualifiant cette option d’« indécente ». « Le retour doit être volontaire et accompagné de garanties », a-t-elle écrit sur les réseaux sociaux. L’UNICEF a de son côté alerté sur les conditions d’« insécurité et d’insalubrité » auxquelles font face des centaines d’enfants à Ceuta.
Le projet de transfert a provoqué des réactions vives dans l’opposition. Elias Bendodo, du Parti populaire (PP), a exigé que « toutes les personnes entrées illégalement retournent légalement au Maroc », adultes et mineurs confondus. Le chef du parti d’extrême droite Vox, Santiago Abascal, a quant à lui écrit sur X qu’il refusait « un seul euro des Espagnols pour les MENAs, les illégaux, les envahisseurs ». Rego a accusé le PP de s’aligner sur les « positions racistes » de Vox.
Depuis la traversée massive du 30 juillet, le maire-président de Ceuta, Juan Jesus Vivas, a indiqué qu’au moins 100 personnes ont péri, beaucoup par noyade ou écrasées contre une digue en tentant de rejoindre l’enclave à la nage.
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