MONDE Europe

La Suède veut accélérer ses permis miniers pour réduire sa dépendance envers la Chine

La Suède veut accélérer ses permis miniers pour réduire sa dépendance envers la Chine
La Suède veut accélérer ses permis miniers pour réduire sa dépendance envers la Chine

Stockholm a déclaré jeudi l’extraction de métaux critiques et de terres rares comme un intérêt de sécurité nationale. L’objectif : simplifier les procédures d’autorisation et attirer davantage d’investissements dans un secteur où la Chine domine à hauteur de 70 % de la production mondiale.

La Suède veut s’imposer comme une grande puissance minière. Le gouvernement de Stockholm a annoncé jeudi une nouvelle stratégie visant à accélérer les permis d’extraction de métaux critiques et de terres rares, présentant cette démarche comme une question de sécurité nationale. La ministre de l’Énergie et vice-Première ministre Ebba Busch a résumé l’ambition en une formule directe : « La Suède doit devenir une nation minière de premier plan. »

Le pays dispose pourtant déjà d’atouts considérables. Il abrite la plus grande mine de minerai de fer d’Europe, exploitée par le groupe LKAB à Kiruna, dans le cercle arctique. La Suède concentre environ 60 % des réserves connues de minerai de fer du continent et assurait, en 2021, près de 90 % de son extraction. À proximité de ce site se trouve le gisement Per Geijer, identifié comme projet stratégique de l’Union européenne : quelque 1,2 milliard de tonnes de ressources minérales y ont été recensées, dont environ 2,2 millions de tonnes d’oxydes de terres rares.

Malgré cette richesse souterraine, la Suède ne capte aujourd’hui qu’1 % des investissements miniers mondiaux, a reconnu Ebba Busch. Pour y remédier, le gouvernement entend « rationaliser les procédures d’autorisation afin que les décisions soient prises plus rapidement » et faciliter l’attribution de terrains à des projets miniers. Une société d’investissement publique dédiée au secteur est également à l’étude.

La dépendance européenne à l’égard de la Chine, qui contrôle environ 70 % de l’extraction et du raffinage mondial de terres rares, est qualifiée par la ministre de « risque systémique ». « Nous pensons que cela peut contribuer de manière significative aux capacités de défense de la Suède, de l’UE et de l’OTAN », a-t-elle déclaré. Quatre des 47 projets stratégiques européens visant à réduire cette dépendance sont d’ailleurs localisés en Suède.

La réforme soulève néanmoins des tensions avec les Samis, peuple autochtone dont le territoire traditionnel, le Sápmi, couvre le Norrland, région où opèrent plus de 90 % des mines suédoises. Les éleveurs de rennes samis redoutent que l’expansion minière ne compromette leur mode de vie. LKAB estime par ailleurs qu’obtenir les permis nécessaires pour exploiter le gisement Per Geijer sur ces terres pourrait prendre jusqu’à dix ans, un délai que la nouvelle stratégie cherche précisément à raccourcir.

L’histoire minière suédoise remonte au Xe siècle avec l’ouverture de la mine de cuivre de Falun, qui produisait à son apogée jusqu’aux deux tiers du cuivre européen. Le pigment rouge caractéristique qui colore encore aujourd’hui maisons et églises à travers le pays en est l’héritage direct. Le site, aujourd’hui reconverti en musée, est classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Partager cet article

Votre actualité, selon vos intérêts

Choisissez les rubriques et la langue de votre newsletter. Vous pourrez modifier vos préférences à tout moment.

Communauté

Commentaires

Écrire un commentaire

Soyez le premier à commenter cet article.

Réagir à cet article

Les commentaires sont modérés. Les messages promotionnels, les envois automatiques et les liens abusifs sont bloqués.

Votre premier commentaire, ou tout message contenant un lien, peut être placé en attente de validation.

Application Entrevue

L’info partout avec vous

Retrouvez l’actualité, les alertes et vos rubriques préférées dans une expérience pensée pour le mobile.

Écran Alertes de l’application Entrevue : les dernières alertes info
Écran de personnalisation des rubriques de l’application Entrevue
Écran Actu de l’application Entrevue : le récit à la une