Une délégation archéologique française s’est rendue samedi 19 juillet au monastère byzantin de Saint-Siméon, dans le nord de la Syrie, pour une première inspection depuis la fin du conflit syrien en 2024. Le site, resté inaccessible pendant plus d’une décennie, porte les stigmates des bombardements, des pillages et des fouilles clandestines.
Un site pillé et laissé à l’abandon depuis 2011
Selon Abdel Jalil Arabi, directeur du site de Saint-Siméon, le monastère a été pillé, victime de fouilles illégales, utilisé à des fins militaires et laissé à l’abandon depuis le début du conflit en 2011. Autour du socle de la célèbre colonne de Saint Siméon le Stylite, des pierres éparpillées témoignent aujourd’hui de ces dégâts.
Micheline Kurdi, spécialiste du patrimoine archéologique ayant consacré sa thèse de doctorat au site, a parcouru les ruines pour documenter leur état actuel. Elle explique qu’il faudra revoir les plans anciens afin de réinstaller le socle et les éléments architecturaux qui subsistent encore.
Un lieu de pèlerinage bâti autour d’un ascète du Ve siècle
Le monastère a été construit vers la fin du Ve siècle autour de la colonne de Saint Siméon le Stylite, un moine ascète qui, selon la tradition chrétienne, s’est perché à son sommet pendant une quarantaine d’années pour se consacrer à la prière. Devenu un lieu de pèlerinage à une période de transition entre paganisme et christianisme byzantin, le site reste une destination religieuse importante.
Le sanctuaire fait partie des villages antiques du nord de la Syrie, surnommés les villes mortes et inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. Terre de civilisations plurimillénaires, la Syrie a vu nombre de ses sites archéologiques bombardés et ses musées pillés au cours des treize années de guerre.
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