Jean-Luc Mélenchon assume désormais ouvertement son évolution sur le port du voile islamique. Lors d’une conférence organisée mercredi 2 septembre à Paris, le candidat de La France insoumise à la présidentielle a reconnu avoir été opposé au voile pendant de nombreuses années et qualifié cette position passée d’« erreur terrible ». Un changement spectaculaire au regard de ses déclarations des années 2010.
« Il y avait un temps où je n’étais pas d’accord avec cette histoire de voile, je n’avais pas compris », a reconnu Jean-Luc Mélenchon devant ses militants. Il explique avoir changé de position après avoir discuté avec des femmes musulmanes, certaines voilées et d’autres non, ainsi qu’avec des femmes non croyantes attachées à la liberté de chacune de s’habiller comme elle le souhaite.
« J’ai été convaincu, j’ai changé d’avis. Je me suis dit que j’ai fait une erreur terrible », a-t-il déclaré, alors que le débat sur le voile vient d’être relancé par la volonté du Rassemblement national d’en interdire le port dans l’espace public.
Du « signe de soumission patriarcale » à la défense du libre choix
Le contraste avec ses anciennes positions est particulièrement marqué. En 2010, alors qu’une candidate voilée avait été investie par le NPA aux élections régionales, Jean-Luc Mélenchon estimait qu’on ne pouvait pas « se dire féministe en affichant un signe de soumission patriarcale ». Il considérait également le voile comme un « stigmate » que certaines femmes s’infligeaient elles-mêmes.
Sa position restait encore très ferme plusieurs années plus tard. En 2015, il qualifiait toujours le voile de « signe de soumission ». Puis, en février 2017, interrogé sur France 2 pour savoir s’il maintenait cette analyse, il répondait « oui » avant de lancer : « Je ne vois pas où Dieu s’intéresserait à un chiffon sur la tête. »
Son évolution ne concerne d’ailleurs pas uniquement le voile. Jean-Luc Mélenchon s’est également progressivement rapproché de l’usage du terme « islamophobie », qu’il disait encore contester en 2015 au nom du droit de critiquer les religions. Il avait ensuite participé en 2019 à la marche contre l’islamophobie à Paris.
Plus récemment, en 2025, le dirigeant insoumis avait déjà commencé à expliquer publiquement son changement de regard. Devant une commission d’enquête de l’Assemblée nationale, il a reconnu que sa conception de la religion et de la laïcité avait évolué au fil de son parcours personnel et politique.
Le revirement est donc aujourd’hui pleinement assumé : celui qui présentait autrefois le voile comme un symbole de soumission considère désormais que son port relève d’abord de la liberté individuelle des femmes et juge que son ancienne position était une erreur.

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