Le géant de la mode rapide a enregistré une perte nette de 99 millions de dollars au premier trimestre 2025, contre un bénéfice de 395 millions un an plus tôt. La suppression d’une exemption tarifaire américaine sur les petits colis a pesé lourd sur ses ventes.
Shein a publié ces résultats dans le cadre de sa préparation à une introduction en bourse à Hong Kong, après des tentatives avortées à New York et à Londres. Le 10 juillet, la Commission chinoise de régulation des valeurs mobilières (CSRC) a donné son feu vert à cette cotation, attendue dans les prochains mois. Le document déposé ne précise ni le calendrier, ni la taille, ni le prix de l’opération.
La perte du premier trimestre intègre une charge comptable de 328 millions de dollars liée à un changement de traitement des actions réservées à certains investisseurs, dont la valeur peut fluctuer avant une éventuelle cotation. Hors cet effet, la dégradation opérationnelle reste significative.
La cause principale identifiée par l’entreprise est la suppression de l’exemption dite « de minimis », qui permettait jusqu’alors aux consommateurs américains d’importer des marchandises d’une valeur inférieure à 800 dollars sans acquitter de droits de douane. Donald Trump avait d’abord ciblé les produits en provenance de Chine et de Hong Kong, avant d’étendre la mesure au reste du monde par décret entré en vigueur le 29 août 2025. La Maison-Blanche a justifié cette décision en affirmant que le dispositif servait à « contourner les droits de douane et à faire entrer des opioïdes synthétiques mortels » sur le territoire américain.
« La suppression de l’exemption de minimis aux États-Unis a eu un impact négatif sur nos ventes américaines et sur la croissance globale de nos revenus nets », a reconnu Shein dans son document de préparation à l’IPO. Pour compenser, l’entreprise indique envisager « un large éventail d’options, dont une hausse des prix sur le marché américain ».
Malgré ce contexte difficile, Shein revendique 281 millions de clients actifs sur les douze mois s’achevant fin mars 2026, soit une progression de plus de 16 % sur un an, pour un total de plus d’un milliard de commandes passées. La société, fondée en Chine et dont le siège est à Singapour, fait également état d’un impact de la guerre en Iran sur la demande, les coûts et les délais de livraison dans certains marchés.
L’Union européenne a de son côté instauré début juillet une taxe de 3 euros sur les importations de commerce en ligne de faible valeur, une mesure destinée à lutter contre ce qu’elle qualifie de concurrence déloyale de la part de la Chine.
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