Un rapport sénatorial préconise de mettre fin au droit automatique d’accès à l’enseignement supérieur pour les titulaires du bac. Le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste soutient cette piste, relançant un débat récurrent sur la valeur du diplôme de fin de lycée.
Depuis des décennies, le baccalauréat ouvre de droit les portes de l’université. Un rapport sénatorial publié le 7 septembre dernier remet frontalement en cause ce principe. Intitulé « Universités : assumer l’excellence », le texte porté par la sénatrice LR Laurence Garnier et présidé par le sénateur PCF Pierre Ouzoulias recommande de « lever le tabou de la sélection à l’entrée en licence ». Concrètement, il propose d’« ôter au baccalauréat sa qualité de premier grade universitaire » et de mettre fin au droit d’accès automatique à l’enseignement supérieur pour ses titulaires. Des évaluations ou des formations complémentaires pourraient alors conditionner l’inscription en faculté.
La démarche s’inscrit dans un constat largement partagé : le bac est aujourd’hui obtenu par une très large majorité de lycéens, ce qui, selon ses détracteurs, a dilué sa valeur sélective et laissé les universités accueillir des étudiants insuffisamment préparés aux exigences du supérieur. La question de la sélectivité à l’entrée des facultés avait déjà été soulevée dans les années 1970, puis en 1986 et en 2005, sans jamais aboutir à une réforme structurelle.
Baptiste favorable à une remise à plat du système
Le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste a exprimé son soutien à cette orientation, donnant au débat une résonance gouvernementale inédite. Si aucune mesure législative n’a encore été annoncée, la convergence entre une initiative sénatoriale transpartisane et une position ministérielle favorable confère à cette proposition un poids politique notable. Le rapport ne précise pas les modalités exactes des évaluations envisagées ni le calendrier d’une éventuelle réforme, laissant ouvertes de nombreuses questions sur la mise en œuvre concrète d’un tel changement.

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