L’État français s’apprête à renforcer considérablement sa présence au capital d’Eramet, l’un des principaux groupes miniers et métallurgiques français. Dans le cadre d’une augmentation de capital de 500 millions d’euros prévue au quatrième trimestre 2026, le gouvernement a annoncé une opération destinée à faire de l’État le premier actionnaire de l’entreprise. Un investissement stratégique qui témoigne de la volonté de Paris de sécuriser l’approvisionnement en métaux critiques, devenus indispensables à de nombreuses industries.
Eramet occupe une place importante dans l’extraction et la transformation de minerais stratégiques, notamment le manganèse, le nickel et le lithium. Ces ressources sont essentielles pour la fabrication de batteries, les technologies numériques et plusieurs secteurs industriels. Dans un contexte de concurrence internationale et de tensions sur les chaînes d’approvisionnement, leur maîtrise constitue un enjeu de souveraineté économique pour la France et l’Europe.
Une prise de participation stratégique, pas une nationalisation
L’État détient actuellement 27,1% du capital d’Eramet. Il prévoit de participer à l’augmentation de capital annoncée par le groupe et d’acquérir des droits de souscription auprès de Sorame-CEIR, afin de devenir son premier actionnaire. Les droits de vote effectifs de l’État ne devraient toutefois pas dépasser 49%, selon les modalités communiquées.
Le ministre de l’Économie Roland Lescure présente cette opération comme un moyen de renforcer la sécurité des approvisionnements industriels français et européens. L’objectif est également de soutenir la capacité d’investissement d’Eramet dans un secteur nécessitant des capitaux importants et soumis aux fluctuations des marchés mondiaux des matières premières.
Cette intervention publique intervient alors que l’Union européenne cherche à réduire sa dépendance envers certains fournisseurs étrangers, notamment pour les minerais indispensables à la transition énergétique et aux nouvelles technologies. La maîtrise de ces ressources devient progressivement un élément central des politiques industrielles européennes.

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