La voie juridique est désormais fermée. Le Conseil d’État a rejeté ce vendredi 5 juin la demande de l’association Sites et Monuments, qui cherchait à faire annuler le prêt de la tapisserie de Bayeux au British Museum de Londres. La plus haute juridiction administrative française s’est déclarée « pas compétente pour se prononcer » sur cette affaire, estimant que le prêt, annoncé le 8 juillet 2025 par Emmanuel Macron lors d’une visite d’État au Royaume-Uni, « ne peut pas être détaché de la conduite des relations internationales de la France ». La broderie du XIe siècle, longue de 70 mètres, doit être exposée à Londres pendant un an à partir de septembre. Une pétition en ligne avait recueilli 45 000 signatures contre ce prêt en juillet 2025.
Un transport à haut risque, une caisse conçue pour absorber 96% des chocs
L’association s’appuyait sur les inquiétudes de plusieurs experts quant aux risques d’un transport longue durée pour cette broderie fragilisée par les années. La ministre de la Culture Catherine Pégard a assuré mercredi 3 juin que « rien n’a été laissé au hasard » pour son acheminement. La tapisserie voyagera à une date tenue secrète dans une caisse spécialement conçue pour amortir les vibrations, capable selon une étude technique du ministère d’absorber « 96% de la force d’un choc » important sur l’ensemble du trajet — à l’issue d’un deuxième voyage à blanc réalisé en avril. « Le risque zéro n’existe pas », a toutefois reconnu la ministre.
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