Vingt-deux ans après le meurtre de Marie Trintignant par Bertrand Cantat, la chanteuse Lio estime que la parole des femmes reste fragile et trop souvent disqualifiée. Invitée dans C à vous sur France 5 ce mardi 8 avril, elle a réaffirmé son indignation face au traitement médiatique de l’affaire en 2003, dénonçant un système qui avait tenté « d’avilir » l’actrice. Émue, Lio a rappelé que le rapport du médecin légiste évoquait un acte d’une extrême violence : « Bertrand Cantat l’a tenue avec le genou sur la gorge. C’était une exécution. »
Un combat ancien, toujours d’actualité
Alors que le documentaire De rock star à tueur : le cas Cantat, diffusé sur Netflix depuis le 27 mars, dépasse les deux millions de visionnages, Lio s’inquiète du peu de chemin parcouru. « Nous ne sommes pas une minorité, mais nous sommes considérées comme une minorité à supprimer », a-t-elle déclaré, pointant les similitudes entre les affaires Cantat et Depardieu. Elle fait notamment référence aux mots de l’avocat de Gérard Depardieu lors de son procès fin mars, qui avait qualifié les plaignantes d’« hystériques », un terme déjà utilisé dans la défense de Cantat à l’époque.
Une parole coûteuse mais nécessaire
Lio a également évoqué les conséquences personnelles de ses prises de position passées. Dès 2006, elle avait publiquement rejeté l’idée d’un « crime passionnel » pour qualifier le féminicide de Marie Trintignant. « J’ai juste dit les choses », affirme-t-elle aujourd’hui, tout en rappelant que cette prise de parole lui avait coûté sa tournée et son contrat avec sa maison de disques. Une réalité qui, selon elle, illustre encore la difficulté des femmes à être entendues sans être disqualifiées, marginalisées ou réduites au silence.