Le 6 septembre 1901, le président américain William McKinley, en visite à Buffalo pour inaugurer la Pan-American Exposition, est mortellement blessé par deux coups de revolver alors qu’il serre la main du public, un attentat qui interrompt en pleine gloire le règne du président ayant fait entrer les États-Unis dans l’ère de l’impérialisme.
Deux balles en pleine poitrine au Temple de la Musique
Après un discours d’inauguration, William McKinley assiste en fin d’après-midi à une réception au Temple de la Musique, où il tombe en arrière, frappé de deux balles tirées à bout portant par un homme dissimulant son arme sous un linge noué autour de la main. En s’écroulant, le président murmure à son secrétaire de faire attention en annonçant la nouvelle à son épouse, avant d’être transporté d’urgence à l’hôpital. Il meurt une semaine plus tard, le 14 septembre, d’une gangrène provoquée par l’une des blessures restée indétectée après une première opération.
Son assassin, Leon Czolgosz, ouvrier au chômage d’origine polonaise acquis aux idées anarchistes, voyait dans le président un symbole de l’oppression et de la corruption du gouvernement américain. Arrêté sur place, il sera exécuté sur la chaise électrique le 29 octobre suivant.
La fin d’un président artisan de l’impérialisme américain
Réélu triomphalement en novembre 1900, William McKinley avait engagé quelques années plus tôt une guerre profitable contre l’Espagne, dont la victoire éclair avait doté les États-Unis de leurs premières possessions coloniales outre-mer et marqué le véritable coup d’envoi de l’impérialisme américain sur la scène mondiale. Cette mort brutale, survenue alors que le pays comptabilisait encore les gains de cette expansion inédite, jette une lumière crue sur le nouvel ordre mondial en gestation à l’aube de ce que l’on appellera bientôt le siècle américain.
Son vice-président Theodore Roosevelt, déjà rendu célèbre par son rôle à la tête des Rough Riders durant la guerre contre l’Espagne, lui succède immédiatement, poursuivant et intensifiant la politique de puissance internationale amorcée par son prédécesseur à travers ce qui deviendra sa fameuse diplomatie du gros bâton.

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