Après le vol de données fiscales et personnelles concernant 678 000 particuliers et entreprises, Sébastien Lecornu préside ce lundi 17 août une cellule interministérielle de crise. Le gouvernement doit notamment préparer l’information des victimes et faire le point sur la sécurisation numérique des administrations.
Le gouvernement tente de reprendre la main après le piratage à grande échelle de l’administration fiscale. Sébastien Lecornu préside ce lundi, en « visioconférence sécurisée », une cellule interministérielle de crise réunissant les principaux ministères concernés. La réunion doit notamment permettre de s’assurer que tout est prêt avant le début de l’information individuelle des 678 000 particuliers et entreprises dont les données ont été exposées. Les personnes concernées doivent recevoir à compter de ce lundi le détail des informations susceptibles d’avoir été compromises ainsi que les mesures de vigilance à adopter.
L’intrusion, survenue fin juin et reconnue par la Direction générale des finances publiques en août, fait désormais l’objet d’une enquête judiciaire. Le parquet de Paris a notamment ouvert une enquête pour « extraction frauduleuse de données » et « association de malfaiteurs ». Matignon rappelle de son côté sa doctrine en matière de cyberattaque : « détecter et interrompre, poursuivre, informer, renforcer ».
Un plan de sécurisation de l’État passé au crible
La cellule de crise doit également dresser un « point d’étape » du plan de sécurisation des administrations lancé le 30 avril, qui prévoit une nouvelle gouvernance numérique de l’État et un renforcement des moyens consacrés à la cybersécurité. Sur RMC, l’expert Clément Domingo, alias SaxX, s’interroge notamment sur l’utilisation de l’enveloppe de 200 millions d’euros annoncée après le piratage de l’ANTS et qualifie l’attaque contre le fisc de « pire de la Ve République en France ».
La pression politique monte également autour de l’exécutif. Les sénateurs socialistes réclament une commission d’enquête parlementaire afin de déterminer si les cyberattaques successives contre les administrations révèlent des « vulnérabilités communes ». Bruno Retailleau propose, lui, un « Plan Vauban » destiné à construire une « véritable forteresse numérique » pour protéger les données des Français.
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