Le fondateur de l’application de messagerie Telegram, Pavel Durov, a déclaré dimanche avoir rejeté une demande émanant d’un gouvernement d’Europe occidentale, non spécifié, visant à faire taire des voix conservatrices en Roumanie à l’approche du second tour de l’élection présidentielle. Ses propos, diffusés sur sa propre plateforme, semblent faire allusion à la France, notamment par l’utilisation d’un emoji représentant une baguette, souvent associée au pays.
« Telegram ne restreindra pas les libertés des utilisateurs roumains ni ne bloquera leurs chaînes politiques », a affirmé Durov. « On ne peut pas “défendre la démocratie” en la détruisant. On ne peut pas “lutter contre l’ingérence électorale” en s’ingérant dans les élections », a-t-il ajouté, soulignant que « le peuple roumain mérite la liberté d’expression et des élections équitables ».
La déclaration de Durov intervient dans un contexte tendu en Roumanie, où les électeurs se rendaient aux urnes pour départager un eurodéputé d’extrême droite et un candidat indépendant centriste. Le vote, scruté de près par Bruxelles, intervient après une campagne marquée par la polarisation et une vive inquiétude concernant les interférences étrangères.
Le premier tour de l’élection présidentielle avait été annulé il y a six mois à la suite d’accusations d’ingérence russe en faveur du candidat d’extrême droite Calin Georgescu. Bien que Moscou ait nié toute implication, Georgescu s’était vu interdire de se représenter, alimentant les soupçons et les tensions.
En réponse au message de Durov, le ministère français des Affaires étrangères a rapidement démenti toute tentative d’ingérence. Dans un communiqué publié sur X (anciennement Twitter), accompagné d’une capture d’écran du message original de Durov, la diplomatie française a dénoncé « des allégations totalement infondées ». « La France rejette catégoriquement ces allégations et appelle chacun à faire preuve de responsabilité et de respect envers la démocratie roumaine », a-t-elle ajouté.
Pavel Durov, fondateur russe de Telegram et basé à Dubaï, est une figure controversée. Il avait été brièvement arrêté en France l’année dernière dans le cadre d’une enquête liée à des activités illicites présumées via la plateforme, notamment en matière de pédopornographie et de trafic de stupéfiants. Il a nié toute implication et est rentré à Dubaï en mars.
Telegram, connu pour sa politique stricte en matière de non-ingérence dans les contenus politiques, est régulièrement au centre de débats sur la modération des contenus en période électorale, en particulier dans des contextes politiquement sensibles.