La fiscalité particulièrement favorable dont bénéficient les compagnies maritimes revient au cœur de la bataille budgétaire. À une semaine de la présentation du budget 2027, La France insoumise et le Parti socialiste souhaitent remettre en cause une partie du régime dit de la « taxe au tonnage », tandis que la droite et les armateurs mettent en garde contre un risque de perte de compétitivité.
Ce dispositif permet aux entreprises de transport maritime de calculer leur impôt à partir de la capacité de leurs navires plutôt que de leurs bénéfices réels. Son coût pour les finances publiques augmente lorsque les bénéfices du secteur progressent fortement. Or les tarifs du fret maritime ont fortement augmenté depuis le début de la guerre en Iran.
Coquerel et Mercier veulent une réforme
Éric Coquerel, président LFI de la commission des finances, annonce des amendements destinés à « réformer la taxe actuelle ». La socialiste Estelle Mercier dénonce de son côté une « injustice flagrante », jugeant que l’écart avec la fiscalité appliquée aux autres entreprises s’est excessivement creusé.
Philippe Juvin, rapporteur général LR du budget, défend au contraire le mécanisme. Selon lui, il permet d’éviter la délocalisation des centres de décision des compagnies maritimes et participe à la compétitivité de la flotte française. Les armateurs avancent également que des dispositifs comparables existent chez une grande partie de leurs concurrents étrangers.
Le débat devrait donc ressurgir lors de l’examen du budget. À ce stade, aucune suppression ni modification de la taxe au tonnage n’a été adoptée.

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