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Procès Samuel Paty: condamné après avoir violé son assignation à résidence, Azim Epsirkhanov fait appel

Samuel Paty: condamné après avoir violé son assignation à résidence, Azim Epsirkhanov fait appel
Samuel Paty: condamné après avoir violé son assignation à résidence, Azim Epsirkhanov fait appel

Nouveau volet judiciaire pour Azim Epsirkhanov. Déjà condamné dans l’affaire de l’assassinat de Samuel Paty, le jeune homme de 25 ans a décidé de faire appel de la peine d’un an de prison prononcée contre lui le 31 août par le tribunal de Senlis. Il avait été reconnu coupable d’avoir violé son assignation à résidence en quittant les Hauts-de-Seine, notamment pour se rendre au Parc Astérix, dans l’Oise. Son avocate a annoncé que son client contestait cette nouvelle condamnation.

Une journée au Parc Astérix malgré son assignation à résidence

Depuis sa sortie de prison en avril 2026, Azim Epsirkhanov était assigné à résidence chez sa compagne dans les Hauts-de-Seine. Cette mesure avait été prise dans l’attente de son éventuelle expulsion de France.

Il devait notamment se présenter deux fois par jour au commissariat de son lieu de résidence et n’était pas autorisé à quitter le département.

Fin août, Azim Epsirkhanov a pourtant été contrôlé vers 15h30 sur le parking du Parc Astérix, à Plailly, dans l’Oise. Interpellé, il a été présenté en comparution immédiate devant le tribunal de Senlis le 31 août.

Les magistrats l’ont condamné à un an de prison ferme pour non-respect de son assignation à résidence. Une interdiction définitive du territoire français a également été prononcée.

« Une incompréhension, une mauvaise lecture »

Devant le tribunal, Azim Epsirkhanov a affirmé qu’il n’avait pas compris l’étendue des restrictions qui lui étaient imposées. Il a évoqué « une incompréhension, une mauvaise lecture de [sa] part » de la décision préfectorale.

Il a également assuré : « Je n’ai jamais cherché à me soustraire à cette mesure. » Selon lui, son souhait était de pouvoir « reprendre une vie familiale et professionnelle ».

Une défense contestée par le parquet. Les investigations ont montré que son déplacement au Parc Astérix n’aurait pas constitué un incident isolé. Le ministère public a indiqué à l’audience qu’Azim Epsirkhanov avait quitté les Hauts-de-Seine à huit reprises, y compris « même la nuit ».

Le substitut du procureur s’est notamment interrogé : « Ce qui nous inquiète, au regard de la personnalité du prévenu, c’est de savoir ce qu’il pouvait bien faire au parc Astérix. »

De 16 ans de réclusion à 7 ans de prison en appel

Le nom d’Azim Epsirkhanov reste directement lié au dossier Samuel Paty. Il était un proche d’Abdoullakh Anzorov, l’homme qui a assassiné et décapité le professeur d’histoire-géographie le 16 octobre 2020 à Conflans-Sainte-Honorine.

Epsirkhanov avait accompagné Anzorov lors de l’achat du couteau qui a ensuite été utilisé pour tuer l’enseignant. Il a toujours soutenu qu’il ignorait les intentions criminelles de son ami.

En décembre 2024, il avait été condamné en première instance à 16 ans de réclusion criminelle pour complicité d’assassinat terroriste. Il avait fait appel, comme trois autres condamnés du dossier. Le procès en appel de l’assassinat de Samuel Paty s’est tenu au début de l’année 2026.

En mars, la cour d’assises d’appel spéciale de Paris a finalement écarté la complicité d’assassinat terroriste à son encontre. Azim Epsirkhanov a été déclaré coupable d’association de malfaiteurs et condamné à 7 ans de prison.

Cette décision représentait une diminution considérable par rapport aux 16 ans prononcés en première instance. Ayant déjà passé plus de cinq années en détention depuis octobre 2020, il a été libéré en avril 2026.

Une OQTF également contestée

Après sa libération, Azim Epsirkhanov a fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français. C’est précisément dans l’attente de l’exécution de cette mesure qu’il avait été assigné à résidence dans les Hauts-de-Seine.

Le jeune homme a parallèlement saisi la justice administrative pour contester son OQTF. Il affirme craindre les conséquences d’un retour en Russie et notamment le risque d’être envoyé combattre en Ukraine.

Devant le tribunal, il avait expliqué : « Les Tchétchènes sont les premiers à être envoyés au front en Ukraine. » Il avait ajouté qu’un retour en Russie constituerait selon lui « un aller simple pour la mort ».

Cette nouvelle procédure intervient plus de cinq ans après l’assassinat de Samuel Paty, dont les différents procès ont longuement examiné le rôle de l’entourage d’Abdoullakh Anzorov mais aussi celui des personnes ayant participé à la campagne visant l’enseignant. Le procès en appel avait notamment concerné quatre des condamnés, parmi lesquels Azim Epsirkhanov.

Après avoir obtenu en mars une importante réduction de sa peine dans le dossier Samuel Paty, il engage donc une nouvelle procédure d’appel, cette fois contre sa condamnation pour violation de son assignation à résidence.

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