MONDE Moyen-Orient

L’ONU exige l’accès des enquêteurs à Gaza face aux milliers de disparus

L’ONU exige l’accès des enquêteurs à Gaza face aux milliers de disparus
L’ONU exige l’accès des enquêteurs à Gaza face aux milliers de disparus

Le bureau des droits de l’Homme de l’ONU réclame qu’Israël autorise des enquêteurs internationaux à se rendre dans l’ensemble de Gaza, où plus de 630 corps ont été exhumés depuis novembre dernier et où quelque 8 000 personnes demeurent portées disparues sous les décombres.

Près de trois ans après le début de la guerre, la récupération de restes humains dans les ruines de Gaza se poursuit, et l’ONU hausse le ton. Son bureau des droits de l’Homme juge indispensable que les enquêteurs internationaux puissent accéder à toutes les parties du territoire pour collecter des preuves, une demande adressée directement à Israël.

Le haut responsable des droits de l’Homme de l’ONU, Volker Türk, a tiré la sonnette d’alarme dans un communiqué : « Les restes de ce qui semble être des familles entières sont désormais exhumés dans des endroits qui ont été pulvérisés par les attaques israéliennes. » Il a averti que ces découvertes ne constituent probablement « que la partie émergée de l’iceberg », rappelant qu’une grande partie de Gaza a été rasée par des bombardements ou des opérations de démolition menées avec des engins lourds et des explosifs.

La situation sur le terrain reste préoccupante. « Aujourd’hui, de nombreuses zones de Gaza où l’armée israélienne est déployée continuent d’être nivelées par des bulldozers, sans égards pour les morts ensevelis sous les décombres », a-t-il ajouté. Selon les données de l’ONU, jusqu’à 82 % de la bande de Gaza a été réduit en ruines durant le conflit.

La défense civile palestinienne fait état de plus de 630 corps et restes dégagés sous des bâtiments effondrés depuis le seul mois de novembre dernier. L’ONU estime par ailleurs que plus de 8 000 personnes sont toujours ensevelies sous les décombres, un chiffre qui illustre l’ampleur encore mal mesurée de la destruction. La majorité des corps retrouvés seraient ceux de femmes et d’enfants, ce qui, selon l’organisation, renforce la probabilité que des crimes de guerre aient été commis lors des opérations militaires israéliennes.

Volker Türk a appelé à ce que « tous les efforts possibles soient faits pour documenter et identifier ces victimes, préserver les informations médico-légales et les échantillons biologiques, consigner les lieux de leur inhumation et informer leurs familles ». Il a mis en garde : « La découverte de nombreux restes sous les décombres à Gaza-ville ravive les préoccupations concernant des crimes de guerre et d’autres crimes atroces. »

La guerre a débuté après l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui a causé la mort d’au moins 1 195 personnes selon les chiffres officiels israéliens. La campagne militaire qui a suivi a, selon le ministère de la santé de Gaza, tué plus de 73 000 Palestiniens au total, dont plus de 1 350 depuis la signature d’un cessez-le-feu en octobre dernier. Pour les gouvernements européens, l’appel de l’ONU accroît la pression sur Israël en faveur d’une enquête indépendante, alors que l’ampleur des pertes civiles continue d’être révélée.

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