L’Arabie saoudite et treize autres pays ont officialisé jeudi la création de la « Multinational Maritime Defense Alliance », une coalition dont l’objectif déclaré est de sécuriser les routes commerciales et énergétiques reliant l’océan Indien à la Méditerranée. Le ministère saoudien de la Défense a publié un communiqué présentant cette structure comme un cadre de coopération collective pour la défense maritime.
Les signataires identifiés sont la Turquie, le Koweït, Bahreïn, le Qatar, la Jordanie, l’Égypte, le Pakistan, Djibouti, la Somalie, le Bangladesh, le Yémen, le Soudan et les Comores. L’Arabie saoudite est reconnue comme membre fondateur et accueille le siège de l’alliance, dont l’emplacement précis n’a pas été précisé. Une délégation de l’Union européenne a participé à la réunion constitutive, bien que Bruxelles dispose déjà de sa propre mission navale dans la mer Rouge, baptisée Aspides. La manière dont les deux dispositifs s’articuleront reste à clarifier.
Sur les 51 pays invités, 43 ont envoyé des représentants à la réunion de fondation. Deux absences retiennent l’attention : ni les Émirats arabes unis ni Oman n’ont signé le texte, malgré des objectifs de sécurité comparables dans un contexte de tensions liées à l’Iran. Riyadh a toutefois précisé que « la porte reste ouverte » à d’autres adhésions.
L’alliance se définit comme « purement défensive » et « ne cible aucun État ». Ses activités couvriront le partage de renseignements, la planification opérationnelle conjointe et des exercices communs. Le communiqué ne détaille pas les contributions militaires concrètes de chaque membre en termes de navires ou d’aéronefs.
La création de cette coalition intervient dans un contexte de double pression sur les routes maritimes de la région. Depuis le début du conflit avec l’Iran fin février et la fermeture de fait du détroit d’Ormuz, qui acheminait auparavant environ 20 % des exportations mondiales de pétrole et de gaz, Riyadh s’appuie sur son pipeline Est-Ouest pour acheminer son brut jusqu’au terminal de Yanbu, sur la côte de la mer Rouge. Mais les exportations saoudiennes doivent ensuite franchir Bab al-Mandeb, dont la rive yéménite est contrôlée par les Houthis, soutenus par Téhéran.
Ce détroit, large de seulement 29 kilomètres à son point le plus étroit, concentre entre 10 et 12 % du commerce maritime mondial, dont plusieurs millions de barils de pétrole par jour. Les Houthis ont imposé la semaine dernière un blocus maritime contre l’Arabie saoudite, perturbant des livraisons d’hydrocarbures déjà réorientées vers cette voie depuis la fermeture d’Ormuz. Toute nouvelle perturbation dans ce couloir risque de provoquer une flambée des prix de l’énergie à l’échelle mondiale.
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