Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a qualifié lundi la découverte de pétrole près de l’embouchure du fleuve Amazone de « passeport pour l’avenir du pays », après l’annonce faite par la compagnie publique Petrobras. La trouvaille ravive les tensions entre développement économique et protection de l’environnement, à moins de deux mois de l’élection présidentielle d’octobre.
Le gisement a été localisé en mer, à environ 175 kilomètres des côtes amazoniennes, à une profondeur de 2 886 mètres. Sa taille exacte reste indéterminée, et la viabilité commerciale de son exploitation n’est pas encore établie. Petrobras avait lancé les opérations de forage exploratoire en eaux profondes dans cette zone, baptisée Marge équatoriale brésilienne, en octobre 2025.
La directrice générale de Petrobras, Magda Chambriard, a estimé que la découverte confirmait l’« optimisme » de la compagnie quant au potentiel pétrolier de la région, tout en réaffirmant son engagement envers la « sécurité énergétique du pays ».
Lula, qui brigue un nouveau mandat de quatre ans, a tenu à concilier deux messages difficilement compatibles. « Je ne renie pas mon engagement dans le combat pour un jour où nous n’aurons plus besoin des combustibles fossiles », a-t-il déclaré, ajoutant que le Brésil resterait « le roi de l’innovation en matière de biocarburants ». Il soutient par ailleurs que les revenus pétroliers sont nécessaires pour financer la transition énergétique du pays.
Le président a aussi rejeté toute ingérence extérieure. « Tout pays qui possède du pétrole de cette qualité ne laissera personne s’immiscer dans ses affaires », a-t-il affirmé, ciblant explicitement les critiques européennes. Il a rappelé avoir délibérément choisi d’annoncer l’attribution de la licence à Petrobras avant la COP30, organisée par le Brésil en novembre dernier, « parce que les intérêts de notre pays et de notre entreprise étaient en jeu ».
Les écologistes, eux, n’ont pas désarmé. Ils alertent sur la très grande biodiversité de la zone concernée et redoutent qu’un accident ne menace les récifs coralliens voisins, mais aussi les zones humides côtières, où les courants marins pourraient acheminer une éventuelle marée noire. Lula avait déjà qualifié par le passé ces mises en garde d’« ingérence », une position qu’il a réitérée lundi.
Sur le terrain, la perspective d’un gisement exploitable produit déjà des effets concrets. Dans la ville d’Oiapoque, en Amapá, les autorités locales du logement signalent un afflux de population attirée par l’espoir de nouveaux emplois et d’opportunités économiques dans cette région reculée du Brésil.
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