Le sénateur brésilien Flavio Bolsonaro, principal adversaire de droite du président Lula, fait l’objet d’une enquête judiciaire pour corruption, blanchiment d’argent et fraude fiscale, liée au financement d’un biopic sur son père, l’ex-président Jair Bolsonaro.
Les documents judiciaires, rendus publics cette semaine sur ordre du président de la Cour suprême Luiz Edson Fachin, révèlent que l’enquête porte sur des fonds que Flavio Bolsonaro aurait sollicités auprès de Daniel Vorcaro, le banquier à l’origine de l’effondrement de la Banco Master. Ces sommes auraient servi à financer « Dark Horse », un film non encore sorti dans lequel l’acteur Jim Caviezel incarne Jair Bolsonaro.
Les enquêteurs examinent environ 12 millions de dollars qui auraient transité d’une entité liée à Vorcaro vers un fonds associé à Eduardo Bolsonaro, frère du sénateur et conseiller de campagne, résidant au Texas. Un document judiciaire allègue qu’Eduardo aurait conseillé sur la gestion de ces fonds une fois aux États-Unis.
L’enquête a été ouverte en juillet par le juge de la Cour suprême André Mendonça, lui-même nommé par Jair Bolsonaro, à la demande de la police fédérale. Jeudi, des agents ont perquisitionné la société de production du film ainsi que le bureau du député Mario Frias, son producteur exécutif. Les deux hommes ont été interdits de quitter le territoire et nient tout acte répréhensible.
Flavio Bolsonaro a rejeté les accusations lors d’un arrêt de campagne, affirmant devant des journalistes : « C’est très positif que les documents soient rendus publics. Je veux la transparence dans tout. » Son frère Eduardo a de son côté soutenu que les fonds avaient été acheminés via les États-Unis pour échapper à l’influence du juge Alexandre de Moraes, qui avait supervisé la condamnation de leur père pour tentative de coup d’État. « Ils veulent présenter ça comme de l’argent de corruption, ce qui n’est pas le cas », a-t-il déclaré.
Le président Lula, interrogé jeudi à la télévision, a rappelé que la Banco Master « avait été créée sous l’administration Bolsonaro » avant de fermer sous son propre mandat, appelant à une transparence totale dans l’affaire.
Ces révélations surviennent trois semaines avant le scrutin du 4 octobre, alors que les sondages placent Bolsonaro et Lula au coude à coude. Des analystes politiques estiment que le calendrier laisse moins de marge de manœuvre au sénateur pour se remettre du scandale qu’en mai, lorsque l’affaire avait été évoquée pour la première fois. Les liens de Vorcaro avec plusieurs figures politiques et judiciaires pourraient toutefois aussi fragiliser le camp Lula. Un éventuel second tour est prévu pour le 25 octobre.

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