Le sénateur Flavio Bolsonaro, principal rival du président Lula à l’élection présidentielle d’octobre, s’engage à instaurer un plafond de dette publique. Son conseiller économique Adolfo Sachsida a détaillé la mesure mercredi sur les réseaux sociaux.
L’annonce est venue d’Adolfo Sachsida, économiste et juriste qui a rejoint l’équipe de campagne de Flavio Bolsonaro la semaine dernière. Dans une vidéo publiée sur X, il a déclaré : « Nous approuverons un plafond pour la dette publique. Si la dette est trop élevée, un mécanisme de limitation des dépenses se déclenche automatiquement, ramenant la trajectoire budgétaire sur une voie soutenable. » L’objectif affiché est d’améliorer la crédibilité fiscale du Brésil et de contenir les dépenses de l’État.
Sachsida avait précisé, avant de rejoindre la campagne, que ce plafond pourrait ressembler à celui qu’a connu le Brésil « dans un passé récent », avec des coupes automatiques dès que la dette publique brute dépasserait 65 % du PIB. À titre de comparaison, cette dette atteint aujourd’hui environ 82 % du PIB, soit une hausse de plus de dix points depuis le retour de Lula au pouvoir en 2023.
Le mécanisme envisagé rappelle l’amendement constitutionnel adopté en 2016 sous la présidence de Michel Temer, qui limitait la progression des dépenses fédérales au taux d’inflation de l’année précédente. Cette règle a été assouplie à plusieurs reprises avant d’être remplacée, en 2023, par le cadre fiscal de Lula, qui combine des objectifs de solde primaire et une hausse réelle des dépenses comprise entre 0,6 % et 2,5 % par an.
Fils de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro, le sénateur Flavio Bolsonaro est le candidat du Parti libéral pour la présidentielle d’octobre. Son père, condamné à 27 ans de prison pour sa participation présumée à une tentative de coup d’État après sa défaite face à Lula en 2022, l’a officiellement investi en décembre dernier.
Les sondages placent les deux candidats dans un mouchoir de poche. Une enquête Nexus publiée cette semaine les donne pratiquement à égalité au premier tour. En cas de second tour, Lula l’emporterait de justesse avec 46 % des voix contre 45 % pour Bolsonaro. D’autres sondages accordent un avantage légèrement plus marqué au président sortant.
L’économie s’annonce comme le terrain d’affrontement central de cette campagne. Si l’inflation a ralenti et le chômage a atteint des niveaux historiquement bas ces derniers mois, la campagne Bolsonaro avertit qu’une réélection de Lula conduirait à une récession. Les taux d’intérêt élevés restent un point de friction, tandis que Lula met en avant la hausse de la monnaie brésilienne et ses programmes de réduction de la pauvreté.
La présidentielle brésilienne se déroule également sous la menace d’une ingérence du président américain Donald Trump, réputé proche du camp Bolsonaro. L’an dernier, Trump avait imposé de lourds droits de douane sur certaines exportations brésiliennes pour faire pression sur la justice brésilienne dans le dossier Jair Bolsonaro. La manière dont ces tarifs pourraient influencer l’opinion publique d’ici au scrutin reste incertaine.
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