Les États-Unis ont officiellement retiré la Syrie de leur liste des États sponsors du terrorisme, levant ce qu’ils qualifient de derniers obstacles majeurs à l’investissement privé et à la réintégration du pays dans l’économie mondiale.
La décision, annoncée lundi 25 août 2026, met fin à une inscription qui durait depuis 1979. Le secrétaire d’État Marco Rubio a justifié ce retrait par les « actions positives » du gouvernement syrien pour se distancer des actes de terrorisme international. Son homologue au Trésor, Scott Bessent, a estimé que cette mesure allait « favoriser des investissements supplémentaires en Syrie pour promouvoir la stabilité politique et économique ».
La Syrie figurait sur cette liste depuis quarante-sept ans. Son retrait ne laisse plus que trois pays dans ce registre : Cuba, la Corée du Nord et l’Iran. L’inscription entraîne des sanctions financières, des restrictions sur l’aide étrangère américaine ainsi que sur les exportations et ventes de matériel de défense, et peut pénaliser les États ou entreprises qui commercent avec le pays visé.
L’administration Trump a fait le choix d’embrasser la nouvelle direction syrienne incarnée par Ahmed al-Sharaa, ancien militant islamiste sur la tête duquel Washington avait autrefois placé une prime. Son groupe, Hayat Tahrir al-Sham (HTS), anciennement connu sous le nom de Front al-Nosra et affilié à al-Qaïda jusqu’en 2016, a également été retiré de la liste américaine des organisations terroristes mondiales. C’est ce même HTS qui a conduit l’offensive rebelle ayant renversé Bachar al-Assad fin 2024 et qui domine aujourd’hui l’administration de transition dirigée par Sharaa.
Le ministre syrien des Affaires étrangères, Asaad Hassan al-Shaibani, a salué une « étape historique » et promis de « continuer à travailler pour effacer les effets de l’isolement et créer un environnement fondé sur la transparence, les intérêts mutuels et le respect », selon l’agence de presse officielle SANA.
Washington espère ancrer la Syrie dans son orbite plutôt que dans celle de la Russie ou de la Chine. Les risques restent néanmoins considérables : le pays demeure loin d’être sécurisé, ne dispose pas encore d’un gouvernement représentatif et se trouve au centre de tensions croissantes entre Israël et la Turquie. La mesure avait été annoncée une première fois en juillet avant d’être formalisée lundi. Rubio a déclaré qu’elle offrirait aux Syriens « un chemin vers la prospérité ».
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