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Trump menace de doubler les tarifs sur les voitures canadiennes à 50 %

Trump menace de doubler les tarifs sur les voitures canadiennes à 50 %
Trump menace de doubler les tarifs sur les voitures canadiennes à 50 %

Les négociations commerciales entre Washington et Ottawa se sont effondrées vendredi soir, et Donald Trump a annoncé lundi une hausse des droits de douane sur les automobiles et pièces détachées canadiennes, de 25 % à 50 %, applicable au 1er janvier. Le premier ministre Mark Carney a répliqué en promettant des contre-mesures « dollar pour dollar ».

La guerre commerciale entre les États-Unis et le Canada franchit un nouveau palier. Donald Trump a annoncé lundi son intention de porter les tarifs douaniers sur les voitures, camions et pièces automobiles en provenance du Canada de 25 % à 50 %, avec une entrée en vigueur fixée au 1er janvier. Cette décision survient au lendemain de l’échec des négociations bilatérales, interrompues vendredi soir, quelques instants avant l’expiration d’un ultimatum américain qui prévoyait déjà une taxe de 50 % sur près de 20 milliards de dollars d’importations canadiennes.

Chaque camp accuse l’autre d’avoir formulé des exigences de dernière minute. Côté canadien, les négociateurs ont jugé « inacceptables » certaines demandes américaines, dont une clause limitant la liberté d’Ottawa de conclure des accords commerciaux avec des pays tiers. Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a rétorqué sur CNBC que c’est le Canada qui avait introduit des modifications tardives : « Ils en voulaient davantage. »

Mark Carney a qualifié la nouvelle menace tarifaire de Trump de « sans surprise » et accusé le président américain de chercher à détruire l’industrie automobile canadienne. Le premier ministre a précisé qu’Ottawa était prêt à reprendre les discussions, mais seulement si Washington se présentait avec « la bonne attitude ». Le gouvernement canadien a annoncé une conférence de presse pour mardi matin, réunissant des responsables des secteurs des affaires, des finances et du développement économique, afin de détailler la réponse du pays.

Carney a par ailleurs annoncé un financement de 11 milliards de dollars canadiens (environ 7,95 milliards de dollars américains) pour la construction de six brise-glaces dans un chantier naval québécois, destinés à renouveler la flotte vieillissante de la Garde côtière canadienne et à ouvrir des routes maritimes hivernales dans les eaux nordiques et atlantiques du pays. Cette commande s’inscrit dans une volonté affichée de diversifier les échanges commerciaux canadiens, historiquement très dépendants du marché américain.

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, dont la province concentre l’essentiel de l’industrie automobile canadienne, a adopté un ton bien plus offensif. Il a invité Trump à « aller se faire voir » et suggéré que le Canada impose des surcoûts sur ses exportations de pétrole, de gaz naturel, d’électricité et de minéraux critiques vers les États-Unis. Trump a répondu sur Truth Social en accusant Ford de « fanfaronnade » et en avertissant que les conséquences pour le Canada seraient « bien pires » si ses dirigeants ne rentraient pas dans le rang. Le Canada fournit 60 % des importations américaines de pétrole brut et la quasi-totalité des exportations américaines de gaz naturel, selon les données du gouvernement canadien.

Des entreprises des deux côtés de la frontière tirent déjà la sonnette d’alarme. À Portland, en Oregon, les propriétaires d’une boutique de vêtements, Mike Roach et Kim Osgood, redoutent que le prix de leurs oreillers fabriqués au Canada bondisse de 50 % pour atteindre 90 dollars. « Si on avait eu trois mois de préavis, on aurait pu s’organiser. Mais quand ça arrive du jour au lendemain, on est vraiment coincés », a déclaré Roach. Les tarifs de rétorsion canadiens, prévus pour entrer en vigueur le 8 septembre, alimentent les mêmes craintes chez les importateurs canadiens de produits américains.

L’accord de libre-échange nord-américain ACEUM, qui sous-tend 1 600 milliards de dollars d’échanges entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, est lui aussi fragilisé. Si Ottawa et Mexico souhaitent le reconduire pour seize ans, Washington refuse tout renouvellement en l’état. Les économistes d’Oxford Economics ont averti lundi que l’escalade actuelle augmente le risque de voir l’accord se déliter, ce qui « plongerait le Canada en récession et l’installerait sur une trajectoire de croissance durablement plus basse ».

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