Fin juillet 1242, au terme de deux journées de combats acharnés sur le pont de Taillebourg puis aux abords de Saintes, l’armée du jeune roi de France Louis IX, futur Saint Louis, écrase une coalition de barons poitevins révoltés soutenus par le roi d’Angleterre Henri III. Cette victoire met fin à ce qui restera l’un des derniers grands sursauts militaires anglais pour tenter de reconquérir leurs anciens territoires continentaux.
Une insulte de trop pour la couronne capétienne
Le conflit trouve son origine à Noël 1241, lorsque Hugues X de Lusignan, comte de la Marche et d’Angoulême, insulte publiquement Alphonse de Poitiers, le frère cadet de Louis IX, venu de recevoir l’hommage des seigneurs poitevins dans son nouvel apanage. Cette humiliation, probablement encouragée par l’épouse de Hugues X, Isabelle d’Angoulême, mère du roi d’Angleterre, ravive une longue tradition de révoltes des barons poitevins contre leur suzerain, qu’ils avaient déjà menées à plusieurs reprises depuis la fin du XIIe siècle.
La réaction capétienne est immédiate. Louis IX prend lui-même la tête d’une armée de 30 000 hommes, chevaliers et fantassins, appuyée par des engins de siège, et s’empare en quelques semaines de plusieurs places fortes des Lusignan avant de marcher sur Saintes. Entre-temps, Henri III d’Angleterre a débarqué à Royan à la mi-mai pour rejoindre son parent Hugues X et Raymond VII de Toulouse, cherchant lui aussi à reprendre pied sur le continent après avoir perdu la majeure partie de ses possessions françaises.
Deux jours de bataille qui scellent la victoire française
Le 21 juillet, les deux armées se font face de part et d’autre du pont fortifié de Taillebourg, verrou stratégique sur la Charente. Après trois assauts infructueux rendus difficiles par l’étroitesse du pont, Louis IX charge lui-même l’épée à la main avec huit de ses meilleurs chevaliers, galvanisant ses troupes qui finissent par repousser les Anglais vers Saintes.
Le lendemain, 22 juillet, l’affrontement décisif se joue sur un plateau surplombant Saintes, où l’armée anglaise s’était retranchée en ordre de bataille. Bien qu’en infériorité numérique le temps que ses renforts arrivent, l’armée française attaque de front en gravissant la pente, dans une mêlée générale où les actes de bravoure se multiplient des deux côtés. Henri III finit par prendre la fuite pour échapper à la capture, entraînant la débandade de son armée vers les murs de la ville. Sous la menace d’un assaut, le roi d’Angleterre quitte Saintes de nuit le 28 juillet pour se réfugier à Blaye, laissant les troupes françaises entrer triomphalement dans la cité le lendemain matin.
Communauté
Commentaires
Écrire un commentaire
Soyez le premier à commenter cet article.