Le 7 septembre 1565, une flotte espagnole venue de Sicile aborde sur l’île de Malte pour secourir ses habitants, assiégés depuis le 18 mai par les Turcs ottomans, un épisode resté dans l’histoire sous le nom de Grand Siège et qui contribue à briser l’image d’invincibilité du sultan Soliman le Magnifique.
Trente mille Turcs contre une poignée de chevaliers
L’île est alors gouvernée par un ordre monastique, les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, sous la direction du grand-maître Jean Parisot de la Valette, âgé de 70 ans. Face à eux débarquent environ 30 000 soldats ottomans, qui tentent d’investir les forts occupés par les défenseurs de l’île. Le fort le plus avancé, Saint-Elme, tombe au bout d’un mois, tous ses défenseurs y périssant, les Turcs allant jusqu’à clouer leurs cadavres sur des croix envoyées flotter dans la passe de Malte pour saper le moral des assiégés restants.
La Valette réplique à cette barbarie en faisant bombarder le camp turc avec des têtes de prisonniers, illustrant la violence extrême qui caractérise ce siège resté dans les mémoires comme l’un des plus âpres du XVIe siècle.
Une victoire qui redessine la géostratégie méditerranéenne
Peu désireux de passer l’hiver sur l’île, les assiégeants finissent par rembarquer le 13 septembre, six jours après l’arrivée des renforts espagnols. Loin de se laisser griser par ce succès, La Valette renforce aussitôt les fortifications de l’île et fonde une nouvelle capitale qui portera son nom après sa mort, La Valette (Valletta). Les chevaliers de Saint-Jean, prenant le nom désormais prestigieux d’Ordre de Malte, renouent alors avec leur ancienne vocation de croisade.
Cet épisode, qui frappe de stupeur toute la chrétienté par l’ampleur de la flotte d’invasion ottomane, marque durablement les esprits en interrompant l’élan musulman en Méditerranée occidentale et en transformant Malte en frontière mythifiée de la chrétienté face à l’Empire ottoman.

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