Il y a des expositions que l’on visite, et d’autres qui deviennent immédiatement des lieux de rencontre. « Being Her » appartient à cette deuxième catégorie. Pour cette première initiative à Ibiza, Naj Harfouch a choisi de réunir quatre jeunes artistes autour d’un thème aussi intime qu’universel : la féminité, racontée, imaginée et représentée par des femmes.
Présentée à la InBetween Gallery, l’exposition rassemble les œuvres de Yulia Zinshtéin, Aidha Badr, Poppy Faun et Miranda Makaroff. Quatre univers, quatre écritures visuelles et quatre manières de questionner ce que signifie « être elle ».
Le choix de Naj n’est évidemment pas anodin. Habituée à créer des rendez-vous artistiques à Paris et à Dubaï, où elle organise des pop-up et des expositions mêlant artistes, collectionneurs et personnalités, elle apporte cette fois son regard de commissaire à Ibiza. Une première pour elle sur l’île, mais une nouvelle étape dans une démarche qui consiste à faire dialoguer l’art contemporain avec les lieux et les publics qui le font vivre.
Quatre artistes, quatre visions du féminin
Being Her ne cherche pas à donner une définition unique de la féminité. Au contraire. Le communiqué de l’exposition la présente comme un paysage façonné par la mémoire, le désir, la mythologie et la représentation.
Chez Poppy Faun, la mémoire brouille les contours des personnages et laisse davantage de place aux émotions qu’aux portraits figés. Yulia Zinshtéin explore quant à elle l’identité à travers l’observation, la performance et le théâtre du quotidien.
Aidha Badr puise dans le symbolisme, l’ornement et une mythologie personnelle pour parler du désir, de l’enfance et de la construction de soi. Enfin, Miranda Makaroff aborde la féminité par le jeu, le plaisir et la transformation, revendiquant la liberté de se réinventer sans cesse.
Ce qui réunit ces artistes est précisément cette volonté de ne pas enfermer la femme dans une image définitive. Les femmes qu’elles représentent sont tour à tour filles, amantes, muses, rêveuses, interprètes ou protagonistes. Elles peuvent être plusieurs choses à la fois.
Dans Being Her, les frontières entre souvenir et imagination
En invitant à la galerie certaines des personnalités les plus en vue d’Ibiza, Naj Harfouch a également voulu faire de cette exposition un moment de découverte et de rencontre. Son travail de commissaire ne consiste pas seulement à accrocher des œuvres sur des murs : il s’agit aussi de créer une atmosphère, de provoquer des échanges et de faire circuler les regards.
Dans Being Her, les frontières entre souvenir et imagination, réalité et fantasme, identité et représentation deviennent volontairement floues. Et c’est sans doute là que réside la force de l’exposition : les femmes n’y sont pas simplement représentées par des femmes ; elles y sont réinventées par elles.
