Le 29 août 1526, le sultan ottoman Soliman le Magnifique écrase l’armée du royaume de Hongrie, commandée par le jeune roi Louis II, lors de la bataille de Mohács, un affrontement qui marque l’apogée de l’Empire ottoman et la fin de l’indépendance hongroise pour près de quatre siècles.
Une expédition préventive contre la Hongrie des Jagellon
Successeur de son père Sélim Ier depuis 1520, Soliman II engage dès l’âge de 25 ans une politique de conquête ambitieuse, s’emparant de Rhodes puis affirmant sa domination sur la Méditerranée orientale. Redoutant l’influence croissante de Charles Quint, tout juste élu à la tête du Saint Empire romain germanique, le sultan noue une alliance de revers avec le roi de France François Ier avant de monter une expédition préventive contre la Hongrie du jeune roi Louis II Jagellon, alors âgé de vingt ans seulement, dont le royaume se trouve pris en étau entre les possessions ottomanes des Balkans et celles des Habsbourg.
Quittant Constantinople en avril 1526 à la tête d’une armée forte de 60 000 à 100 000 hommes, Soliman s’empare dès juillet de la forteresse stratégique de Peterwardein, ouvrant la voie vers le cœur du royaume hongrois.
Une déroute qui coûte la vie au roi de Hongrie
Louis II ne parvient à rassembler que 20 000 à 26 000 hommes, placés sous le commandement de l’archevêque de Kalocsa, pour affronter les troupes ottomanes sur le champ de bataille de Mohács. L’attaque courageuse de la cavalerie hongroise se brise rapidement contre l’artillerie ottomane, avant que les fantassins ne soient balayés par les janissaires et contraints de fuir vers des marécages. Louis II lui-même trouve la mort noyé avec son cheval durant cette débâcle.
Cette victoire entraîne dans les mois suivants la partition de la Hongrie entre l’Empire ottoman, les souverains Habsbourg d’Autriche et la principauté de Transylvanie, plongeant le pays dans une rivalité de succession qui ne se refermera qu’avec la reconquête habsbourgeoise de la fin du XVIIe siècle. Les Hongrois ont depuis gardé de cet épisode un dicton resté célèbre : « On a connu pire à Mohács ».
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