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L’Ouganda enterre le roi Oyo dans un climat de querelle successorale

L’Ouganda enterre le roi Oyo dans un climat de querelle successorale
L’Ouganda enterre le roi Oyo dans un climat de querelle successorale

Le roi Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV, souverain du royaume de Tooro mort d’un cancer à 34 ans, a été inhumé samedi à Fort Portal, à l’ouest de l’Ouganda, au terme de neuf jours de deuil national. Sa disparition a déclenché une dispute âpre sur sa succession.

Des milliers de personnes ont accompagné le cercueil du roi, drapé aux couleurs bleu et jaune du royaume de Tooro, depuis le palais royal de Karuziika jusqu’à la cathédrale Saint-Jean de Fort Portal. Un cortège de gardes royaux vêtus de tuniques orange et frappant des bâtons en bois encadrait le véhicule funèbre. Parmi les centaines de personnes présentes à la cérémonie religieuse figuraient de hauts responsables du gouvernement ougandais.

Oyo avait accédé au trône en 1995, à l’âge de trois ans, devenant alors le plus jeune roi régnant au monde. Il est mort le mois dernier des suites d’un cancer, à seulement 34 ans. Sa sœur, la princesse Ruth Komuntale, lui a rendu hommage lors de l’inhumation : « Il avait le don de faire rire les gens. Il savait toujours comment égayer ma journée. »

La tradition voulait que le successeur désigné jette neuf grains de café dans la tombe lors de la cérémonie funèbre. Mais jusqu’au vendredi soir, l’identité de celui qui accomplirait ce rite restait incertaine, tant la question de la succession s’est révélée explosive.

Mercredi, un comité composé de membres du clan royal avait désigné Edward Rukidi Kijanangoma, cousin du défunt, comme nouveau roi. Âgé de 54 ans, Kijanangoma est présentateur et rédacteur en chef à UBC, la chaîne publique ougandaise. La famille directe d’Oyo a contesté ce choix, affirmant que le testament du roi désignait un fils né hors mariage, dont l’identité n’a pas encore été établie. Des rumeurs circulant sur les réseaux sociaux évoquent au moins deux héritiers potentiels qui se réclameraient enfants du défunt.

Les partisans de Kijanangoma rétorquent que la famille royale n’a fourni aucune preuve concrète de l’existence de cet enfant, et que les tenants de la tradition préfèrent voir un adulte monter sur le trône. Une source proche des négociations de crise a indiqué que les autorités avaient finalement obtenu l’acceptation officielle de Kijanangoma comme successeur vendredi.

La reine mère Best Kemigisa a déploré que cette bataille pour le trône ait entravé le deuil de la famille. « J’en appelle aussi à ceux qui se battent pour le trône : s’il vous plaît, il y aura du temps pour tout cela. Laissez-nous pleurer et enterrer mon fils le roi Oyo », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

L’Ouganda est dirigé par un chef d’État élu, mais le pays compte plusieurs royaumes traditionnels, restaurés en 1993 après avoir été interdits pendant une trentaine d’années à la suite de l’indépendance. Ces monarques, souvent très populaires, ne détiennent aucun pouvoir formel : ils sont considérés comme les gardiens de l’identité et du patrimoine culturel de leurs communautés.

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