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Haakon VIII monte sur le trône de Norvège dans un contexte familial difficile

Haakon VIII monte sur le trône de Norvège dans un contexte familial difficile
Haakon VIII monte sur le trône de Norvège dans un contexte familial difficile

Le roi Haakon VIII a officiellement hérité de la couronne norvégienne après la mort de son père Harald V, devenant le quatrième monarque de la monarchie moderne restaurée en 1905. Son règne débute sous le poids de scandales qui ont ébranlé la famille royale ces dernières années.

C’est lors d’un conseil des ministres extraordinaire qu’Haakon VIII a annoncé son titre royal et adopté la devise paternelle : « Tout pour la Norvège ». À 52 ans, il hérite d’un trône solidement ancré dans l’affection populaire, mais aussi d’une famille royale fragilisée par des affaires retentissantes.

Harald V était un roi d’une popularité rare, saluée par des sondages constants et une vague d’émotion nationale au moment de sa mort. L’historien Trond Norén Isaksen reconnaît qu’Haakon sera un monarque d’un autre tempérament : « Harald était très charismatique, avec un grand sens de l’humour. Haakon est plus réservé, plus proche de sa mère. Mais ces dernières années, il s’est détendu, a montré davantage de lui-même, et il a porté un poids énorme alors que ses parents vieillissaient et que sa femme était malade. »

Harald lui-même avait exprimé sa confiance dans son fils dans sa biographie intitulée Le Roi raconte : « J’ai beaucoup de chance que le prince héritier Haakon soit celui qui portera cela en avant. »

Né en 1973, Haakon est le fils cadet d’Harald V et de la reine Sonja. Contrairement à son père et à son grand-père, il n’a pas étudié à Oxford, mais à l’université de Berkeley en Californie, où il a suivi des cours de sciences politiques, après une carrière navale de quatre ans sanctionnée par un diplôme de l’Académie navale norvégienne en 1995. Il avait auparavant fréquenté des écoles publiques locales, une singularité pour un prince héritier.

Il est devenu prince héritier en 1991, à 17 ans, à la mort de son grand-père le roi Olav V. Dans son autobiographie publiée en 2023, il confie avoir eu du mal à assumer son statut : « Oui, j’étais un royal, mais je ne voulais pas en parler. À l’école, cela me rendait anxieux. »

C’est à un festival de musique à Kristiansand, en 1999, qu’il a rencontré celle qui est aujourd’hui la reine Mette-Marit. Leur relation avait alors suscité un vif débat public : elle était mère célibataire d’un enfant de quatre ans dont le père avait été condamné pour possession de cocaïne, et des commentateurs avaient comparé cette union à celle de Wallis Simpson et d’Édouard VIII. Trois jours avant leur mariage en 2001, Mette-Marit avait présenté des excuses publiques pour son « passé agité » lors d’une interview télévisée très suivie. Ce geste avait retourné l’opinion en sa faveur.

Haakon lui attribue une part de son épanouissement personnel : « Je ne suis pas très à l’aise en société. Mette est un talent naturel. Elle peut entrer dans une pièce et s’entendre avec tout le monde », écrit-il dans son autobiographie.

Mais les années récentes ont été marquées par des crises successives. Mette-Marit a présenté ses excuses pour une amitié de trois ans avec le délinquant sexuel Jeffrey Epstein, admettant un « mauvais jugement » et déclarant dans une interview nationale qu’elle aurait souhaité ne jamais l’avoir rencontré. Par ailleurs, son fils Marius Borg Høiby, né d’une précédente relation, a été condamné pour viol, l’une des agressions ayant eu lieu dans le domaine royal de Skaugum, près d’Oslo. Il fait appel de cette condamnation. Des sondages réalisés cette année indiquaient que près de la moitié des Norvégiens estimaient que Mette-Marit ne pourrait pas devenir reine. Deux jours après la fin du procès de son fils, elle a subi une transplantation pulmonaire, huit ans après le diagnostic de sa fibrose pulmonaire. Ses médecins ne pourront pas la déclarer stable avant un an.

La correspondante royale Caroline Vagle juge que la priorité pour la famille royale est d’être « totalement transparente sur ce qui s’est réellement passé, sans laisser la spéculation publique prendre sa propre vie ». Sa consœur Tove Taalesen estime pour sa part qu’Haakon est « tout à fait prêt pour cette tâche » et qu’il sera « respecté et aimé, à l’image de ses prédécesseurs ».

Sa fille Ingrid Alexandra, 22 ans, devient princesse héritière et première dans l’ordre de succession. Si elle accède un jour au trône, elle sera la première femme à diriger la Norvège depuis le XVe siècle, une possibilité ouverte par la révision constitutionnelle de 1990 accordant aux femmes le droit d’hériter de la couronne. Haakon VIII est par ailleurs arrière-arrière-arrière-petit-fils de la reine Victoria de Grande-Bretagne.

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