Elle n’a même pas attendu le verdict. À 89 ans, Colette a quitté la salle d’audience du tribunal de Paris en silence, sans se retourner. Son agresseur, Samba B., 23 ans, a été condamné à trois ans de prison pour une série de vols violents ciblant des personnes âgées dans la capitale. La vieille dame, résidant rue Saint-Fargeau (XXe), reste marquée par l’agression survenue dans son propre quartier. Ce jour-là, un inconnu lui arrache le collier offert par ses parents pour son baptême, un bijou qu’elle portait depuis une vie, orné d’un médaillon gravé de son prénom en hiéroglyphes. Mais au-delà de la perte, c’est le choc psychologique qui perdure. Depuis l’attaque, Colette dit vivre dans « une angoisse au quotidien ».
Trois victimes âgées ciblées
Samba B. comparaissait pour trois agressions commises au printemps. Le 18 avril, une femme de 82 ans est agressée à l’entrée de son immeuble, étranglée et menacée de mort pour une gourmette et un collier. Deux semaines plus tard, un homme de 71 ans est roué de coups, insulté et délesté de son bijou. Il perdra quatre dents. Enfin, Colette, qui réside dans le quartier depuis un demi-siècle, est attaquée elle aussi, dans la rue. Le prévenu nie tout en bloc, refusant même de livrer le code de son téléphone. Mais les policiers de la BAC l’ont formellement identifié peu après l’agression de Colette, alors qu’il rôdait à proximité, vêtu du même survêtement que le jour du vol. Un comportement de repérage, un visage dissimulé, des éléments concordants pour les enquêteurs. Le tribunal a tranché. Trois ans de prison. Mais pour Colette, l’essentiel était ailleurs : son médaillon n’a pas été retrouvé, et la peur s’est installée.