La scène, filmée et largement relayée, a choqué jusqu’aux élus locaux. Lundi soir, dans le quartier de la Busserine, à Marseille, un refus d’obtempérer a failli virer au drame. Un véhicule de police, engagé dans une course-poursuite, a été percuté de plein fouet par une voiture arrivant à contresens. Le choc a été si violent que le SUV de la police a terminé sa course sur le flanc, retourné. Mais c’est la suite qui suscite l’indignation. Alors que les agents tentent de sortir de leur véhicule accidenté, plusieurs individus présents sur les lieux ne viennent pas en aide aux blessés. Au contraire, une douzaine d’entre eux les visent avec des projectiles. Certains filment la scène à distance, klaxonnent, hurlent, tandis que les policiers, encore sous le coup de l’impact, sont contraints d’utiliser des grenades lacrymogènes et de désencerclement pour disperser leurs agresseurs.
Une vague de soutien face à l’indignité
Selon les premières constatations, les agents impliqués ne souffrent que de blessures légères, mais l’émotion reste vive. La préfecture de police des Bouches-du-Rhône a salué leur sang-froid et dénoncé une attaque intolérable. « Ceux qui les insultent et les défient seront punis », promet l’institution. Le procureur a été saisi. Des enquêtes distinctes pourraient être ouvertes, l’une pour refus d’obtempérer, l’autre pour violences contre les forces de l’ordre. Martine Vassal, présidente du conseil départemental, s’est dite « honteuse d’être marseillaise », dénonçant une scène où « aucune dignité » n’a été montrée envers les policiers. Pour les syndicats et les autorités locales, l’affaire illustre une forme de haine ordinaire contre les forces de l’ordre, désormais banalisée dans certains secteurs. Une tension de plus, dans une ville qui cumule depuis des mois fusillades, trafics et violences urbaines. Ce nouvel épisode rappelle la brutalité du quotidien de certains équipages et la fragilité d’un lien police-population souvent mis à mal dans les quartiers sensibles. Cette fois, ce sont les secours qu’il a fallu protéger.