SOCIÉTÉ Faits divers

Il se suicide avec son enfant, mais sa compagne pourrait être jugée prochainement

Il se suicide avec son enfant, mais sa compagne pourrait être jugée prochainement
Il se suicide avec son enfant, mais sa compagne pourrait être jugée prochainement

Il s’est jeté du 10ᵉ étage, un bébé de 18 mois sanglé sur sa poitrine. Ce drame survenu en mars 2021 à Montargis (Loiret) aurait pu s’arrêter à un geste de désespoir. Mais trois ans plus tard, l’affaire rebondit : l’ancienne compagne du père, une hôtesse de l’air suisse, est visée par une mise en accusation pour complicité d’assassinat. Pourquoi ? Parce qu’elle était au courant. Parce qu’elle n’a rien dit. Parce que, peut-être, elle a contribué à transformer une intention de mort en passage à l’acte. Haja R., 38 ans, arrive ce jour-là avec son fils, Simon, dans un immeuble qu’il connaît. Il se fait ouvrir sous un prétexte anodin : quelques photos depuis le balcon. Mais ce n’est pas l’appareil photo qu’il sort, c’est la mort. Devant l’occupante du logement, il enjambe la rambarde et saute dans le vide. Deux cadavres, une ville sous le choc, et une enquête d’abord suspendue. Jusqu’à ce qu’un nom ressurgisse : Stéphanie L., 56 ans, sa petite amie de l’époque.

Elle savait. Et elle n’a rien fait.

Le parquet est formel : cette femme ne pouvait ignorer ce que son compagnon s’apprêtait à faire. Les messages échangés, les appels, les mots qu’elle a laissés : tout indique qu’elle était informée. Pas seulement du suicide annoncé, mais aussi de la présence du bébé. Elle savait. Elle n’a pas alerté. Elle n’a pas tenté d’empêcher le pire. Lors de son audition, elle explique qu’elle pensait qu’il bluffait. Qu’elle n’imaginait pas une issue aussi tragique. Le problème ? Les preuves disent l’inverse. Elle l’a soutenu moralement, jusqu’à la fin. Et en droit français, cela pourrait suffire à la renvoyer devant une cour d’assises pour complicité d’assassinat.

Une affaire qui interroge la frontière entre passivité et responsabilité

Dans un pays où le suicide n’est pas un crime, mais l’assistance peut l’être, cette affaire devient un cas d’école. Le geste de Stéphanie était-il un abandon ? Une négligence ? Ou un vrai soutien coupable ? La justice devra trancher. Mais une chose est sûre : le silence, ici, a tué. Si elle est jugée, Stéphanie risque une lourde peine. Car il ne s’agit pas seulement de mort volontaire. Il s’agit d’un infanticide. D’un bébé entraîné dans la chute. Et d’une femme qui, selon le parquet, n’a pas seulement regardé ailleurs, mais a tenu la main de celui qui a sauté. Derrière ce fait divers, se cache un malaise collectif : notre impuissance face à la détresse mentale, notre incapacité à intervenir quand il est encore temps. Cette affaire pose une question brutale : quand on sait qu’un homme va tuer son enfant et se suicider, le silence peut-il devenir un crime ?

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