À l’aube d’hier mardi, c’est un graffiti de symboles haineux qui a éclaboussé la quiétude de l’île de la Cité. Vers 4 h 20, une patrouille repère des inscriptions à l’huile de vidange sur le parapet du pont Notre-Dame, à deux pas de la cathédrale. Un visage grimaçant, des mots énigmatiques (« iro gaz », « ankar », « II »), et surtout une croix gammée, tracée sur près d’un mètre, comme un coup de griffe dans le cœur historique de Paris.
Des tags haineux surgissent à l’aube
Les policiers de Paris Centre n’en croient pas leurs yeux : en quelques heures, l’un des plus beaux ponts de la capitale se voit souillé par le spectre du nazisme. Cette profanation fait écho à une série d’inscriptions antisémites et racistes repérées ces derniers jours, notamment dans le 18ᵉ arrondissement. Chaque nouveau graffiti dénonce un climat de plus en plus délétère, où le seuil de l’ignominie recule un peu, chaque nuit. Le commissariat a déjà ouvert une enquête pour « dégradation par inscription » et « provocation à la haine ». Les images des caméras de vidéosurveillance seront scrutées au microscope, tandis qu’un appel à témoins a été lancé. Sur le pavé, l’émotion est vive : comment oublier qu’à deux pas de là, Notre-Dame fut le témoin de l’histoire de France ? Les enquêteurs le savent : traquer ces anonymes de la haine est devenu une urgence civique.