Mercredi 25 juin, dans un commerce de Flers (Orne), une caissière s’est fait délester de plusieurs billets en pleine journée, sous les yeux de ses collègues et clients. La scène, qui a tout d’un numéro de prestidigitation, a laissé tout le personnel médusé. « Un vrai tour de magie », résume, encore incrédule, la responsable du magasin. Le scénario s’est déroulé juste avant la fermeture, moment où la fatigue s’installe, les esprits se relâchent, et les caisses sont pleines. Trois individus entrent discrètement dans l’établissement avec l’allure de simples clients. Ils n’ont en main que deux œufs, mais surtout un plan bien rôdé.
Professionnels du détournement d’attention
Tandis que l’homme accapare la caissière avec une histoire de billets de collection, sa complice fait diversion avec les clients en file, tandis qu’une seconde femme détourne l’attention d’un autre salarié ailleurs dans le magasin. L’homme, d’allure soignée, s’exprime en anglais, adopte une posture rassurante, presque élégante. Il prétend rechercher des billets avec des numéros de série spécifiques. La caissière, prise au jeu, sort les billets un à un pour les vérifier. « Il répétait sans cesse que ce n’était pas les bons numéros. Il occupait complètement l’attention de ma collègue », raconte la responsable du magasin. Pendant qu’elle s’efforce de répondre à ses demandes, l’escroc glisse subrepticement plusieurs billets dans sa poche arrière. Résultat : 340 euros disparaissent sans qu’aucun témoin ne s’en aperçoive.
Tout était anticipé, jusqu’aux caméras
Les images de vidéosurveillance confirment l’efficacité du stratagème. L’homme semble connaître l’implantation des caméras, agit à l’ombre de leur champ. Deux fois, il range discrètement des billets dans sa poche, sans le moindre signe de nervosité. Un vol net, propre, millimétré. Une plainte a été déposée dès le lendemain au commissariat de Flers. Les commerçants ont été alertés par l’Union commerciale locale, qui a relayé l’affaire et transmis les images aux autorités. Les suspects, âgés d’une quarantaine d’années, circuleraient dans une Peugeot 308 break blanche. La responsable du magasin redoute que ce « tour de magie » ne se reproduise ailleurs. Elle appelle à la vigilance : « Ces gens-là sont des pros. Ils peuvent recommencer n’importe où. » En cas de comportement suspect, les commerçants sont invités à contacter sans attendre la police au 02 14 17 81 50.