Le gouvernement prévient déjà les retraités : ils seront mis à contribution dans le prochain budget. Invité de Sud Radio vendredi, le ministre des Comptes publics David Amiel a posé une alternative entre le maintien de l’indexation des pensions sur l’inflation et celui de l’abattement fiscal de 10 %. « Il ne peut pas y avoir de demi-mesure », a-t-il prévenu.
À quelques mois de la présidentielle, le dossier promet d’être explosif. Selon David Amiel, indexer l’ensemble des pensions sur l’inflation coûterait « plus de six milliards d’euros l’an prochain ». Une somme que l’État n’a actuellement pas prévu de financer. « De ces six milliards, on n’a pas aujourd’hui le premier euro », a-t-il reconnu.
Le gouvernement envisage donc de compenser cette dépense en réduisant, voire en supprimant, l’abattement de 10 % dont bénéficient les retraités pour le calcul de leur impôt sur le revenu. Une autre possibilité serait de préserver uniquement les plus petites pensions de la désindexation, tout en diminuant fortement l’avantage fiscal.
« Il faudra choisir entre les deux »
« Ce qui est certain, c’est qu’il faudra choisir entre les deux », tranche David Amiel. L’abattement permet actuellement aux retraités de retrancher 10 % de leurs pensions imposables, dans une certaine limite. Sa suppression avait déjà été envisagée lors de précédents débats budgétaires avant d’être écartée.
Cette fois, avec une croissance en berne et un déficit qui devrait dépasser 5 % en 2026, le gouvernement entend afficher sa détermination à réaliser des économies. Une orientation particulièrement sensible politiquement : les retraités constituent l’une des catégories électorales les plus mobilisées à quelques mois de la présidentielle.

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