Ce samedi 6 juin, Paris vit sa Nuit Blanche 2026, dont la directrice artistique est la DJ et personnalité queer Barbara Butch, déjà présente à l’édition 2022. Elle signe cette année la programmation complète de l’événement, du casting des artistes aux performances dans tous les arrondissements, jusqu’au petit matin. Le thème retenu est l’amour, « un sujet universel, le meilleur moyen de créer du lien avec l’autre », selon ses mots au HuffPost. L’affiche de l’édition, signée du duo Pierre et Gilles, la montre au centre d’un cœur arc-en-ciel. Son lancement se tient parvis de l’Hôtel de Ville dès 19h, avec un DJ set gratuit de près de trois heures, suivi d’un video mapping géant transformant le monument en cœur battant jusqu’à 3h du matin. Des camions sillonnent Paris de 17h à minuit avec des déclarations d’amour filmées par des anonymes.
Une programmation foisonnante, des tensions persistantes
Au programme de la nuit : une installation de pixels miroitants de Mathias Kiss au Petit Palais, un gigantesque cœur flottant de Milosh Łuczyński au Grand Palais, la piscine Château-Landon transformée en paysage mythologique par Annette Messager, une architecture lumineuse de Marinella Senatore place Stalingrad inspirée des Luminarie du sud de l’Italie, et une relecture du Boléro de Ravel par le chorégraphe Olivier Dubois avec 50 danseurs au Carreau du Temple. Mais la prise de poste de Barbara Butch n’a pas été sereine. Après l’annonce de sa nomination, elle a de nouveau été ciblée par une campagne de haine homophobe et grossophobe sur les réseaux sociaux, signalée au procureur par la Ville de Paris. Cinq hommes sont par ailleurs jugés pour cyberharcèlement après sa prestation à la cérémonie d’ouverture des JO 2024, avec des peines d’emprisonnement requises. « Je suis une cible en ce moment », confie-t-elle au HuffPost. Sur un autre front, des élus LFI de l’Isère appellent au boycott culturel de l’artiste et à sa déprogrammation du festival Cabaret Frappé à Grenoble, en raison notamment de sa signature d’une tribune en soutien à la loi Yadan, controversée pour ses effets potentiels sur la liberté d’expression concernant la critique d’Israël, et de sa présence à Tel Aviv en juin 2025. La maire de Grenoble dit vouloir garantir « la liberté de création et l’autonomie des programmateurs culturels ». Barbara Butch, elle, renvoie à l’essentiel : « Mon ambition, c’est de faire vivre quelque chose le 6 juin. Et surtout qu’on parle des artistes invités parce que ce sont eux qui doivent prendre la lumière. »
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