Réalisatrice également connue comme comédienne, Reem Kherici signe avec Pour le plaisir son quatrième long-métrage, après Paris à tout prix, Jour J et Chien et chat. Le film s’inspire librement de l’histoire vraie du couple qui a inventé le Womanizer, vibromasseur révolutionnaire conçu pour permettre à toutes les femmes d’atteindre l’orgasme. À l’écran, Fanny (Alexandra Lamy) est mariée depuis vingt ans à Tom (François Cluzet), ingénieur. Quand il découvre que sa femme n’a jamais joui, il décide de relever le défi : concevoir le sextoy parfait, pour sauver son couple et — peut-être — faire fortune. Ensemble, ils se lancent dans une quête déjantée qui va transformer leur relation.
Un sujet osé, un traitement trop sage
L’intention est louable : s’emparer d’un des derniers grands tabous de notre société — l’orgasme féminin — pour en faire le sujet d’une comédie populaire, sans vulgarité. Reem Kherici ose, et le film échappe en partie au scabreux. Mais c’est à peu près là que s’arrêtent les qualités de Pour le plaisir. Les situations censées être comiques se révèlent prévisibles, les dialogues insipides, les personnages secondaires stéréotypés. Quant à la mise en scène, très formatée, elle n’apporte aucun supplément d’âme à une histoire qui se traîne de bout en bout. Alexandra Lamy et François Cluzet retrouvent leurs emplois habituels — l’une faussement enjouée, l’autre gentiment grognon — sans que l’alchimie entre eux ne soit vraiment au rendez-vous. Un duo de stars populaires ne suffit pas à faire une bonne comédie, et celle-ci manque trop de singularité et d’intelligence pour tenir ses promesses. Le plaisir annoncé par le titre ne sera pas au rendez-vous pour tout le monde.

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