Le projet avait été annoncé avec fracas. Quelques jours plus tard, le propriétaire des droits refroidit brutalement l’enthousiasme français. Toei Animation a publié un communiqué officiel consacré aux informations annonçant la construction d’un parc Dragon Ball en France. La société japonaise affirme qu’aucune licence n’a été accordée pour un tel projet et indique même ne connaître aucun élément permettant de confirmer les annonces faites en France.
Le démenti est d’autant plus embarrassant que l’arrivée de trois gigantesques parcs d’attractions près de Cergy-Pontoise avait été présentée comme l’un des investissements touristiques les plus spectaculaires de ces dernières années : 6 milliards d’euros d’investissements saoudiens et jusqu’à 22 000 emplois directs annoncés.
Valérie Pécresse avait annoncé : « Dragon Ball arrive en Île-de-France »
Le 24 août, l’annonce avait pris une dimension spectaculaire lorsque Valérie Pécresse avait confirmé publiquement le projet de parc Dragon Ball. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, la présidente de la Région Île-de-France s’était montrée catégorique : « Non, vous ne rêvez pas : Dragon Ball arrive en Île-de-France. Son Goku aura son parc, à quelques encablures de Paris. »
La Région avait ensuite indiqué travailler depuis dix-huit mois sur l’implantation de ce projet à Courdimanche, dans le Val-d’Oise, sur le secteur de l’ancien parc Mirapolis. Emmanuel Macron avait lui aussi célébré l’investissement saoudien, en annonçant trois parcs à thème à Cergy-Pontoise, 6 milliards d’euros d’investissements et 22 000 emplois. Le président de la République n’avait toutefois pas directement écrit que l’un de ces trois parcs serait consacré à Dragon Ball. Il avait en revanche commencé son message en rappelant son goût pour les mangas : « Vous connaissez mon intérêt pour les mangas. »
Toei Animation : aucune autorisation n’a été donnée
Une semaine après ces annonces, Toei Animation a donc décidé de prendre officiellement position. Dans son communiqué daté du 31 août 2026, l’entreprise explique avoir constaté la diffusion d’informations affirmant que la construction d’un parc à thème Dragon Ball en France avait été décidée. Sa réponse ne laisse guère de place à l’interprétation : « Aucune licence n’a été accordée concernant ce projet et nous n’avons connaissance d’aucun fait allant en ce sens. »
Toei ne parle donc pas simplement d’une négociation encore inachevée. La société affirme qu’elle-même et les différentes entreprises détentrices des droits concernés n’ont accordé aucune autorisation de licence pour le projet présenté en France. C’est exactement le problème que nous avions déjà détaillé dès le 26 août, lorsque nous révélions que le parc annoncé en grande pompe ne disposait pas encore des droits de la licence Dragon Ball.
Les images montrées en France étaient celles du parc saoudien
Le communiqué de Toei Animation contient un deuxième élément particulièrement embarrassant. La société précise que les images et vidéos conceptuelles du parc Dragon Ball diffusées dans plusieurs publications consacrées au projet français ne représentent absolument pas un futur parc situé en Île-de-France. Ces visuels proviennent tous du véritable parc Dragon Ball actuellement développé à Qiddiya City, en Arabie saoudite.
Toei Animation rappelle que ce projet avait été officiellement annoncé le 22 mars 2024 avec Qiddiya Investment Company. Contrairement au dossier français, ce parc saoudien fait bien l’objet d’un partenariat officiel autour de la licence. La société japonaise précise ainsi que les images utilisées pour illustrer les annonces françaises « n’ont aucun lien » avec un éventuel parc situé en France.
Le seul parc Dragon Ball officiellement autorisé est celui de Qiddiya City
Le projet saoudien n’a rien de virtuel. Il doit occuper une superficie de plus de 500 000 m² et comprendre sept zones différentes inspirées de l’univers imaginé par Akira Toriyama. Plus de 30 attractions sont annoncées, dont plusieurs grands manèges, ainsi qu’un gigantesque Shenron d’environ 70 mètres de haut abritant une montagne russe. Des hôtels et restaurants doivent également être intégrés au complexe.
Cette distinction est importante : Qiddiya Investment Company travaille bien avec Toei Animation en Arabie saoudite. Mais cet accord ne signifie nullement que l’entreprise saoudienne puisse automatiquement reproduire le concept en France. L’utilisation du nom Dragon Ball, de Son Goku, Vegeta, Shenron, de la Kame House ou des autres éléments de cet univers nécessite les autorisations correspondantes.
De « Son Goku aura son parc » à un démenti officiel en une semaine
L’affaire a donc changé de dimension en quelques jours. Le 24 août, Valérie Pécresse annonçait publiquement que Dragon Ball arrivait en Île-de-France et que Son Goku disposerait de son parc près de Paris. Quelques jours plus tard, l’absence d’accord avec les détenteurs des droits avait commencé à fragiliser le projet. Désormais, Toei Animation est elle-même sortie de son silence pour affirmer qu’aucune licence n’avait été accordée et qu’elle n’avait connaissance d’aucun fait confirmant la construction d’un parc Dragon Ball en France.
Un précédent très différent avec Naruto en France
La comparaison est également frappante avec l’ouverture de Konoha Land, l’espace consacré à Naruto au Parc Spirou. Dans ce type de projet, l’exploitation commerciale d’un univers aussi connu repose nécessairement sur des accords de licence permettant l’utilisation des personnages, des noms et des décors.
Pour Dragon Ball, franchise devenue un phénomène mondial depuis sa création par Akira Toriyama et dont les 40 ans ont encore été célébrés récemment, l’autorisation des ayants droit constitue évidemment une étape indispensable. Une semaine après les déclarations triomphantes, le parc Dragon Ball francilien se retrouve donc dans une situation pour le moins spectaculaire : annoncé publiquement par la présidente de la Région Île-de-France, illustré avec des images provenant d’Arabie saoudite, il est désormais officiellement désavoué par Toei Animation sur le point essentiel, celui de la licence.


Communauté
Commentaires
Écrire un commentaire
Soyez le premier à commenter cet article.