Une première victime de l’abbé Pierre a officiellement saisi l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et réparation (INIRR) pour demander une indemnisation. Selon son témoignage, les faits remontent au début des années 1980, alors qu’il n’avait que 13 ans. Il affirme avoir été victime d’attouchements et d’un acte de pénétration de la part d’Henri Grouès, dit l’abbé Pierre, à Esteville (Seine-Maritime), lieu emblématique du fondateur d’Emmaüs.
Cette demande marque une étape symbolique dans l’affaire, car c’est la première fois qu’une victime de l’abbé Pierre initie une procédure de réparation hors cadre judiciaire. L’INIRR, chargée d’indemniser les victimes de violences sexuelles commises par des membres de l’Église, peut accorder jusqu’à 60 000 euros aux plaignants. Cependant, seuls les mineurs au moment des faits peuvent y avoir recours, ce qui exclut une grande partie des victimes présumées d’Henri Grouès, majoritairement adultes au moment des agressions.
Face à cette situation, le mouvement Emmaüs travaille à la mise en place d’un dispositif spécifique d’indemnisation, dont les modalités restent à définir. La question du financement reste en suspens : l’Église, Emmaüs ou les deux entités devront trancher sur la prise en charge des réparations. En attendant, cette première démarche pourrait encourager d’autres victimes à témoigner et à demander justice.