Aurore Bergé a annoncé une offensive gouvernementale contre les faux salons de massage servant de vitrines à la prostitution. Une circulaire interministérielle, cosignée avec les ministères de l’Intérieur et de la Justice, sera publiée dans les prochains jours pour renforcer les contrôles et fermer ces établissements. Selon l’association Zéro Macho, plus de 400 salons de ce type existeraient à Paris, exploitant des femmes souvent sous l’emprise de réseaux criminels.
Le gouvernement entend mobiliser plusieurs leviers répressifs pour lutter contre ces pratiques : fraude fiscale, travail dissimulé, conditions de travail indignes et emploi de personnes en situation irrégulière. L’objectif affiché est une tolérance zéro et la fermeture de 100 % des établissements concernés. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un plan national dévoilé en mai 2024, ciblant déjà ces structures détournant leur vocation première.
Si l’accent est mis sur la répression, Aurore Bergé assure que les femmes employées dans ces salons seront avant tout considérées comme des victimes. Un accompagnement financier et social sera proposé en collaboration avec des associations spécialisées pour favoriser leur réinsertion. Le but affiché est de démanteler les réseaux d’exploitation sexuelle tout en soutenant celles qui en sont les premières victimes.
La France avait déjà interdit l’achat d’actes sexuels en 2016 en pénalisant les clients, mais la prostitution s’est déplacée sur Internet et dans ces établissements de façade. Cette nouvelle offensive sera donc scrutée de près, tant par les associations féministes que par les forces de l’ordre, qui devront appliquer ces mesures sur le terrain.