Pour Entrevue, le photographe paparazzi Jordy Martin a mené une enquête de plusieurs jours sur la Côte d’Azur.
Habitué aux longues surveillances et aux recherches autour de personnalités, il a suivi les déplacements du yacht de Raúl Rocha Cantú entre Monaco, Antibes et Saint-Tropez, multipliant les repérages dans les ports pour tenter de retrouver la trace du copropriétaire de Miss Universe. Jordy Martin a photographié et filmé le bateau lors de ses différentes escales. Il a observé les mouvements autour du yacht, surveillé ses occupants et vérifié si Raúl Rocha se trouvait à bord ou à proximité. Malgré cette traque menée dans plusieurs ports de la Côte d’Azur, aucune trace du businessman mexicain.Le bateau a été localisé, photographié et filmé dans plusieurs ports. Son propriétaire, lui, n’a pas été aperçu. Aucune trace de Raúl Rocha sur le pont, dans les espaces visibles du navire ou autour des ports où le yacht a fait escale. Seul un couple dont l’identité reste inconnue a été observé à bord. Des clients, des proches, des intermédiaires ou de simples occupants ayant loué le bateau ? Pour le moment, aucun élément ne permet de le déterminer.
Cette absence apparente pose question au moment où la situation judiciaire de Raúl Rocha se dégrade au Mexique. Le copropriétaire de Miss Universe fait l’objet d’enquêtes au Mexique dans lesquelles les autorités évoquent notamment des soupçons liés au crime organisé, au trafic d’armes, au trafic de drogue et à la contrebande de carburant, ainsi qu’à des opérations financières présumées destinées à dissimuler l’origine de certains fonds. Un nouveau mandat d’arrêt a également été demandé contre lui dans un dossier distinct de blanchiment.
Son yacht continue pourtant d’apparaître dans les ports les plus luxueux de la Méditerranée. Raúl Rocha, lui, ne se montre plus.


Raúl Rocha se cache-t-il par peur d’être arrêté ?
La première hypothèse est aussi la plus évidente : Raúl Rocha cherche-t-il à rester loin de son yacht pour éviter d’être repéré, localisé ou arrêté ?
La justice mexicaine soupçonne Raúl Rocha d’avoir joué un rôle dans une organisation qui aurait participé à des opérations de trafic de carburant, d’armes et de drogue. Dans le nouveau dossier financier ouvert contre lui, les enquêteurs le présentent comme l’un des bénéficiaires et opérateurs présumés d’un système reposant sur des entreprises, des comptes bancaires et des intermédiaires chargés de faire circuler des sommes suspectes. Selon les éléments communiqués dans le cadre de cette enquête, près de 500 comptes bancaires auraient été gelés ou placés sous surveillance. Des mouvements représentant des dizaines, voire des centaines de millions de pesos, seraient désormais examinés. Le parquet fédéral mexicain a également demandé un nouveau mandat d’arrêt visant Raúl Rocha et 2 autres hommes d’affaires.
Les accords qui permettaient à Raúl Rocha de coopérer avec les enquêteurs auraient par ailleurs été révoqués après son absence à plusieurs convocations. Son lieu de résidence actuel n’est pas communiqué et les autorités mexicaines ne donnent aucune indication publique sur ses déplacements. Son absence de Monaco nourrit donc les interrogations. Alors que son yacht circule entre plusieurs ports européens, son propriétaire n’a pas été aperçu à bord pendant les jours de surveillance. Raúl Rocha craint-il qu’une nouvelle décision judiciaire mexicaine conduise à une demande d’arrestation internationale ? Redoute-t-il une procédure visant son yacht ou d’autres biens détenus à l’étranger ?
À ce stade, aucun élément public ne permet d’affirmer que son absence est directement liée à la procédure judiciaire ou à la crainte d’une arrestation. Cette hypothèse découle uniquement de la concomitance entre sa discrétion actuelle et l’aggravation de sa situation judiciaire. La pression américaine contre les réseaux criminels mexicains rend néanmoins cette absence plus troublante. L’administration de Donald Trump a durci son offensive contre les cartels et leurs soutiens financiers ou politiques. En avril 2026, la justice américaine a inculpé Rubén Rocha Moya, gouverneur de l’État de Sinaloa, ainsi que plusieurs responsables locaux, en les accusant d’avoir collaboré avec le cartel de Sinaloa en échange de pots-de-vin et d’un soutien politique.
Des liens entre Rubén Rocha Moya et Raúl Rocha Cantú ont déjà été évoqués. Les procédures qui les concernent restent distinctes. L’affaire visant le gouverneur de Sinaloa montre toutefois que Washington ne veut plus seulement frapper les trafiquants. Les États-Unis ciblent également les responsables politiques, les entreprises et les circuits financiers soupçonnés de protéger ou d’alimenter les cartels.
La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum se retrouve directement sous pression. Elle a rejeté les accusations américaines évoquant des liens entre son gouvernement et les cartels, alors que les poursuites visant plusieurs responsables mexicains alimentent les tensions entre Mexico et Washington.
Dans cette atmosphère, Raúl Rocha a de bonnes raisons de mesurer chacun de ses déplacements. Le copropriétaire de Miss Universe, habitué aux apparitions publiques, aux concours de beauté et aux soirées luxueuses, a laissé place à un homme invisible dont le yacht navigue sans lui.
Raúl Rocha loue-t-il son yacht parce que ses avoirs sont paralysés ?
La deuxième hypothèse concerne directement son argent. Le yacht serait-il proposé à la location pour dégager des liquidités pendant que des comptes liés à Raúl Rocha ont été gelés par les autorités mexicaines et que ses opérations financières sont passées au crible ?
La présence d’un couple à bord peut correspondre à une location privée. Mais cette possibilité ouvre une autre question : qui encaisse l’argent versé par les clients ? Selon les informations communiquées par les autorités mexicaines, des comptes liés à Raúl Rocha ont été gelés dans le cadre de l’enquête sur le crime organisé. La nouvelle procédure consacrée au blanchiment examinerait également des centaines de comptes, des achats immobiliers, des virements entre sociétés et des transactions réalisées par des particuliers soupçonnés d’avoir servi d’intermédiaires.
Dans le même temps, Miss Universe traverse une crise financière et organisationnelle particulièrement opaque. Plusieurs licenciés internationaux auraient reçu des instructions leur demandant d’envoyer de l’argent vers différents comptes bancaires. Ces changements ont provoqué de fortes inquiétudes au sein du réseau mondial de la marque.
Nawat Itsaragrisil, désormais directeur général de Miss Universe Eastern et responsable d’une zone couvrant 95 pays, a adressé une mise en garde aux licenciés. Le dirigeant thaïlandais a demandé qu’aucun paiement ne soit envoyé vers des comptes non officiellement autorisés. Il a également cité une certaine Olivia, en demandant aux partenaires de ne jamais lui transférer directement d’argent. Cette Olivia est connue dans l’environnement professionnel de Miss Universe et a été associée à l’entourage de Raúl Rocha. La mise en garde de Nawat Itsaragrisil ne ressemble donc pas à une simple formalité administrative. Elle révèle au minimum une confusion importante autour du contrôle des paiements et de l’argent versé par les franchises internationales.
Miss Universe a ensuite diffusé un avis officiel affirmant qu’un seul compte bancaire était autorisé pour les transactions mondiales : un compte Chase Bank détenu par JKN Universe LLC. L’organisation a demandé à tous ses partenaires d’ignorer les instructions dirigeant l’argent vers un autre compte et a prévenu qu’elle ne couvrirait aucune perte liée à un paiement non autorisé.
Une organisation solide ne rappelle pas publiquement à ses licenciés de ne pas envoyer leur argent n’importe où sans raison. Cette alerte confirme l’existence de tensions ou de dysfonctionnements autour des circuits financiers de Miss Universe. Elle ne permet cependant pas, à elle seule, d’attribuer une tentative de détournement à Raúl Rocha ou à une personne de son entourage.
Raúl Rocha a-t-il tenté d’obtenir des paiements sur des comptes qu’il contrôle directement ou indirectement ? Ses proches ont-ils envoyé des instructions concurrentes aux licenciés ? Cherche-t-il désormais d’autres sources de revenus grâce à la location de son yacht ? Ces questions restent ouvertes. Aucune réponse transparente n’a été apportée, mais aucun élément public ne permet non plus d’établir que Raúl Rocha utilise actuellement son yacht pour contourner le gel présumé de certains comptes ou récupérer des liquidités.
Le copropriétaire de Miss Universe reste absent, des comptes liés à ses activités auraient été placés sous surveillance et son bateau semble continuer d’accueillir des occupants sur la Côte d’Azur. L’identité du bénéficiaire des éventuels revenus de location reste inconnue.

Qui sont réellement les occupants du yacht de Raúl Rocha ?
La troisième hypothèse concerne le couple aperçu sur le bateau. Qui sont ces personnes et pourquoi utilisent-elles le yacht de Raúl Rocha alors que celui-ci reste introuvable ?
Leurs visages devront être masqués tant que leur identité n’a pas été confirmée. Leur présence mérite néanmoins d’être examinée. S’agit-il de simples touristes ayant loué un yacht de luxe sans connaître les problèmes judiciaires de son propriétaire ? De partenaires commerciaux ? De proches chargés de surveiller ou d’exploiter le navire ? Ou de personnes souhaitant simplement rester loin des regards ? À ce stade, aucun élément ne permet de retenir l’une de ces hypothèses plutôt qu’une autre.
Raúl Rocha est visé dans un dossier où les autorités mexicaines évoquent des soupçons de contrebande de carburant, de trafic d’armes, de trafic de drogue, d’utilisation de sociétés écrans et de mouvements financiers suspects. Dans ces conditions, l’identité des personnes auxquelles il prête ou loue éventuellement son bateau mérite d’être clarifiée. Le yacht sert-il uniquement à des séjours touristiques ? Peut-il accueillir des partenaires commerciaux ou des intermédiaires financiers ? Ces questions méritent d’être posées. Si à ce stade, rien ne permet d’identifier le couple aperçu à bord, le manque d’informations publiques autour des occupants, du gestionnaire du yacht et des éventuels revenus générés contribue néanmoins à l’opacité entourant le bateau.
Les clients potentiels doivent également savoir à qui ils versent leur argent. Le yacht est-il loué par une société indépendante ? Par une structure liée à Raúl Rocha ? Par un intermédiaire installé dans une autre juridiction ? Qui apparaît sur les contrats et sur les factures ? Si les revenus étaient versés à une société contrôlée par Raúl Rocha, les clients pourraient indirectement contribuer au financement de son patrimoine. À ce stade, aucun élément public ne permet toutefois d’établir l’identité du bénéficiaire effectif des éventuels revenus de location. Raúl Rocha reste par ailleurs visé par des enquêtes mexicaines liées au crime organisé et au blanchiment d’argent. Les personnes qui louent le bateau peuvent donc légitimement demander qui détient le yacht, quelle société l’exploite et où sont versées les sommes payées.
Après quelques jours de surveillance entre Monaco, Antibes et Saint-Tropez, Raúl Rocha reste invisible. Son yacht, lui, continue de naviguer, d’accueillir des occupants et peut-être de rapporter de l’argent. Le bateau est là. Les passagers sont là. Mais le propriétaire manque à l’appel. Raúl Rocha se tient-il à distance pour éviter une arrestation ? Utilise-t-il son yacht pour récupérer des liquidités alors que certains de ses avoirs seraient paralysés ? Et qui bénéficie réellement de l’argent versé pour monter à bord ?
Tant que Raúl Rocha refusera de répondre, ces trois questions continueront de le poursuivre de port en port…
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