NEW YORK — La chanteuse de R&B Cassie a livré un témoignage bouleversant vendredi lors de son quatrième jour à la barre dans le procès pour trafic sexuel de son ex-compagnon, Sean « Diddy » Combs. Elle a raconté avoir supplié le célèbre producteur de la respecter après avoir été violemment battue par lui dans un hôtel de Los Angeles en 2016. « Je ne suis pas une poupée de chiffon. Je suis l’enfant de quelqu’un », lui a-t-elle écrit dans un message lu à haute voix devant les jurés.
Malgré cette scène brutale, les échanges de textos présentés au tribunal montrent qu’ils ont tenté de recoller les morceaux quelques jours plus tard. Dans l’un de ces messages, Cassie, de son vrai nom Casandra Ventura, écrivait : « Il nous faut une autre ambiance que celle de vendredi. » Ces contradictions émotionnelles sont désormais au cœur d’un procès qui oppose deux versions radicalement différentes d’une relation toxique.
Les procureurs fédéraux accusent Combs d’avoir utilisé son pouvoir dans l’industrie musicale pour entraîner des femmes, dont Cassie, dans des orgies organisées avec des travailleurs du sexe masculins, qu’il appelait des « freak-offs ». Ces événements, souvent alimentés par la drogue et l’alcool, auraient duré plusieurs jours et étaient supervisés par Combs lui-même. Cassie affirme avoir été contrainte d’y participer sous la menace de violences physiques et de diffusion de vidéos compromettantes.
La défense, de son côté, cherche à dépeindre Cassie comme une participante volontaire à ces pratiques sexuelles. Bien que Combs ait reconnu avoir été violent, ses avocats soutiennent qu’aucun de ses actes ne relève d’une entreprise criminelle et que toutes les relations sexuelles étaient consensuelles. Combs a plaidé non coupable aux accusations de trafic sexuel et de racket.
Lors du contre-interrogatoire, les avocats de la défense ont contraint Cassie à relire à haute voix des messages explicites qu’elle avait envoyés à Combs, y compris certains exprimant un intérêt pour les « freak-offs ». En parallèle, une vidéo de surveillance capitale pour l’accusation montre Combs frappant et traînant Cassie dans un couloir d’hôtel, alors qu’elle tentait de fuir l’un de ces événements.
Les jurés ont également entendu un enregistrement audio de 2013 dans lequel Cassie, furieuse, menace un ami qui affirme détenir une vidéo intime d’elle. « Je n’ai jamais tué personne, mais je te tuerai », l’avertit-elle, dans un échange ponctué de jurons. Elle a reconnu que Combs avait par la suite tenté d’empêcher la diffusion de cette vidéo.
Cassie a également témoigné de son passage en 2023 dans un centre de soins réservé aux femmes, précisant qu’elle n’y était pas pour traiter une addiction sexuelle mais pour suivre une thérapie afin de surmonter un stress post-traumatique. Elle a raconté avoir sombré psychologiquement au point de vouloir se jeter sous une voiture, avant d’être stoppée in extremis par son mari actuel, Alex Fine.
Le procès, dont l’issue pourrait entraîner jusqu’à 15 ans de prison pour Combs, est suspendu à la santé de Cassie, enceinte de son troisième enfant. Les procureurs ont demandé au juge de veiller à ce que son témoignage se termine rapidement, craignant qu’un accouchement prématuré n’aboutisse à un procès annulé.