Un 8-Mai qui devait être solennel s’est transformé en moment de sidération collective. À Gray, en Haute-Saône, alors que des enfants s’apprêtaient à rendre hommage aux soldats tombés pour la France en reprenant Le Soldat de Florent Pagny, ce sont des propos pornographiques crus qui ont fusé des haut-parleurs.
Une cérémonie nationale, un fichier douteux
Scène irréelle : dilatation, orifice, sodomie… les mots claquent, sans aucune ambiguïté, au beau milieu de la commémoration du 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le public reste figé, les visages se ferment, le malaise s’installe. La bande-son censée lancer l’hommage était tout simplement… une piste à caractère pornographique. Le responsable technique, bénévole, tombe des nues. La clé USB ? Elle ne contenait qu’un seul fichier, transmis par la directrice de l’école privée dont les élèves devaient chanter. Cette dernière assure que tout avait été testé en amont, et que l’audio s’était lancé « normalement » lors des essais sur l’enceinte de l’établissement.
Une leçon humiliante pour la ville
La mairie, elle, parle sans détour de « honte ». Le maire Christophe Laurençot promet des vérifications systématiques à l’avenir, comme si cette cérémonie manquée venait de révéler une faille béante dans l’organisation. La question demeure : qui a glissé ce fichier dans la clé, et comment un hommage aux morts a pu être saboté aussi vulgairement ? Dans les mémoires locales, ce 8-Mai restera non pas comme celui du souvenir, mais comme celui du grand malaise sonore.