Le corps d’un ancien agent municipal a été découvert le 17 septembre dans un local du stade des Rigondes, à Bagnolet, en Seine-Saint-Denis. La victime avait travaillé au service des sports de la ville entre 1997 et 2019. Selon les premiers éléments rendus publics par le maire Édouard Denouel, un ticket de carte bancaire datant de janvier 2025 a été retrouvé sur place, laissant penser que l’homme pourrait être mort depuis plus d’un an. Les causes du décès restent inconnues et une enquête judiciaire, confiée sous l’autorité du parquet de Bobigny, doit préciser les circonstances et la chronologie exactes.
La découverte a été faite lorsque des agents municipaux sont venus ouvrir le local avant de futurs travaux d’aménagement. Celui-ci, situé au premier étage d’un bâtiment du stade, n’aurait fait l’objet d’aucun accès depuis plusieurs années. L’ancien employé aurait pu occuper les lieux après son départ de la mairie. Le stade, lui, n’était pourtant pas abandonné : il est utilisé notamment par l’Atlético Bagnolet 93 et accueille régulièrement des enfants et des cours d’éducation physique. La présence d’un corps pendant une période aussi longue dans un équipement toujours fréquenté est désormais au cœur des interrogations.
Une enquête administrative sur la gestion des bâtiments municipaux
En parallèle de l’enquête judiciaire, la municipalité a lancé une enquête administrative afin d’identifier les éventuelles défaillances dans le suivi du site. Édouard Denouel, élu maire le 28 mars 2026, reconnaît que le stade des Rigondes « n’était pas bien géré » et annonce une réorganisation du service des sports. Le dossier dépasse donc la seule question du décès : il pose celle de l’inventaire des locaux municipaux, de la gestion des clés, des contrôles périodiques et de la responsabilité des services lorsqu’une pièce d’un équipement public peut rester fermée pendant plusieurs années sans inspection.
Des enseignants d’EPS avaient par ailleurs déjà alerté sur l’état de certains équipements sportifs de Bagnolet. Après la découverte du corps, ils ont adressé un courrier aux familles pour évoquer le « niveau de délaissement » des installations. Ils signalent également la présence régulière de déchets dans l’enceinte du stade, notamment des bouteilles de protoxyde d’azote abandonnées au sol. L’enquête devra maintenant distinguer ce qui relève d’un défaut d’entretien général de ce qui a concrètement permis qu’un local reste inaccessible aussi longtemps. À ce stade, aucune responsabilité individuelle n’a été établie et la cause de la mort de l’ancien agent demeure indéterminée.

Communauté
Commentaires
Écrire un commentaire
Soyez le premier à commenter cet article.