L’État monte au créneau. Alors que la société 9e Art+ envisage une fusion avec l’association historique du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, le ministère de la Culture a fait savoir le 8 avril qu’il veillerait à ce que « la marque FIBD ne fasse pas l’objet d’une appropriation par un acteur privé ». Une mise au point ferme qui intervient dans un contexte tendu : nombreux sont les auteurs, éditeurs et syndicats à dénoncer une manœuvre visant à donner à 9e Art+ les pleins pouvoirs sur le plus prestigieux événement BD du monde.
Un projet de fusion qui divise le secteur
Depuis 2007, 9e Art+ organise le festival sous délégation. Son directeur, Franck Bondoux, souhaite désormais créer une société commune avec l’association fondatrice du FIBD, sans mise en concurrence. Il affirme que l’association resterait propriétaire du festival, tout en concédant sa gestion pour plusieurs années. Un « coup d’État feutré », dénoncent les opposants, dont la Ligue des auteurs professionnels et le collectif MeTooBD, qui parlent de « gestion opaque » et appellent au boycott de l’édition 2026 si le projet se concrétise. Une enquête publiée par L’Humanité Magazine fin janvier avait déjà mis en cause la direction de 9e Art+, pointant une hausse des tarifs, des pratiques managériales problématiques et le licenciement d’une salariée après un dépôt de plainte pour viol.
Les financeurs publics réclament des garanties
Alors que l’État et les collectivités financent près de la moitié du budget du festival (6,3 millions d’euros), plusieurs réunions ont eu lieu ces dernières semaines entre les financeurs publics et les professionnels du secteur pour envisager l’avenir du FIBD. Le ministère de la Culture évoque des « dysfonctionnements » constatés lors de l’édition 2025 et insiste sur la nécessité de préserver la transparence et la diversité dans la gouvernance de l’événement. Le conseil d’administration de l’association du FIBD doit se réunir le 18 avril pour décider s’il met un terme au partenariat actuel avec 9e Art+, sans exclure d’autres pistes pour repenser la structure du festival. Le bras de fer est engagé.