Invité ce lundi matin de La Grande Interview sur Europe 1-CNews face à Laurence Ferrari, Karim Bouamrane a appelé la gauche à assumer un discours plus clair sur l’immigration. Pour le maire de Saint-Ouen-sur-Seine qui est aussi candidat à l’éléction présidentielle, les partis progressistes ne peuvent plus éviter le sujet : « Nous, à gauche, devons avoir un débat clair sur les questions d’immigration », a-t-il affirmé.
L’élu socialiste estime qu’il faut renforcer la coopération avec les pays d’origine, notamment sur les visas et les éloignements, tout en reconnaissant qu’une partie des personnes sous OQTF pourraient selon lui être régularisées lorsqu’elles travaillent et participent à l’économie française. Il cite notamment les secteurs de la restauration et du bâtiment, où de nombreux travailleurs sans papiers sont employés.
« Il faut cesser avec cette espèce de démagogie »
Karim Bouamrane refuse toutefois l’idée selon laquelle « tout le monde peut venir sur le territoire français ». Il appelle à une politique migratoire « claire, nette et transparente », tout en critiquant les approches qu’il juge stigmatisantes. Il a notamment attaqué Bruno Retailleau, auquel il reproche d’avoir alimenté les tensions avec l’Algérie et la communauté algérienne.
Sur le voile, Karim Bouamrane rejette également toute interdiction générale dans l’espace public, qu’il qualifie de mesure « démagogique » et « inapplicable ». Il estime qu’une telle mesure serait contraire à sa conception de la laïcité et des libertés publiques. Concernant les petites filles voilées, il affirme vouloir hiérarchiser les priorités et place la lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants avant ce débat.
Enfin, le maire de Saint-Ouen a relié ces sujets à la progression des partis populistes en Europe. Commentant la victoire de l’AfD en Allemagne, il estime que « ce qui se passe en Allemagne, c’est ce qui peut se passer en Angleterre et en France ». Selon lui, le déclassement, les difficultés de logement, de pouvoir d’achat et d’accès aux soins nourrissent directement cette poussée. « La machine à intégration » et à assimilation, reconnaît-il, est aujourd’hui « cassée ».

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