Éric Zemmour veut interdire non seulement le voile islamique, mais également la kippa dans l’ensemble de l’espace public. Invité jeudi soir de « Face à BFM » sur BFMTV, le président de Reconquête, qui a confirmé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027, a défendu une conception extensive de la laïcité fondée, selon lui, sur la « discrétion des religions » dans la rue.
Interrogé sur la portée de l’interdiction du voile qu’il souhaite instaurer, Éric Zemmour a été questionné sur les autres signes religieux. « Parlons de la kippa », lui lance alors le journaliste. Après avoir rappelé être lui-même de confession juive, le dirigeant de Reconquête raconte que, lorsqu’il était enfant et sortait de la synagogue avec son père, ses parents lui demandaient d’enlever sa « calotte » dans la rue. « Le principe politique à l’origine de la laïcité, c’est la discrétion des religions dans l’espace public », a-t-il expliqué.
« Vous interdirez la kippa aussi ? » « Dans l’espace public, oui »
Relancé directement sur une éventuelle interdiction de la kippa, Éric Zemmour répond sans ambiguïté : « Dans l’espace public, oui. » Il ajoute toutefois que les juifs la portent déjà moins dans la rue, selon lui en raison du risque d’agressions antisémites. Sur le cas d’une croix chrétienne « trop ostensible », il répond en revanche : « La croix ostensible, ça n’existe pas. »
Le candidat à la présidentielle fait néanmoins du voile islamique le cœur de sa proposition. À la question de savoir si les forces de l’ordre devraient réellement contrôler les femmes voilées ou les personnes portant une kippa, il répond : « C’est une priorité absolue. » Il affirme que le voile serait « contraire à tout ce que nous sommes » et dit constater une « exaspération » face à l’augmentation, selon lui, du nombre de femmes voilées dans les rues. Interrogé pour savoir si une femme voilée peut partager les valeurs de la République, il répond : « Non. »
Une interdiction qui irait beaucoup plus loin que la législation actuelle
Une telle mesure bouleverserait le droit actuellement applicable. En France, le port d’un signe religieux n’est pas interdit de manière générale dans la rue ou dans les lieux ouverts au public. Depuis 2011, la loi interdit en revanche les tenues destinées à dissimuler le visage dans l’espace public. Le voile laissant apparaître le visage et la kippa ne sont donc pas concernés par cette interdiction générale. Les signes religieux ostensibles, dont le voile et la kippa, sont en revanche interdits aux élèves dans les écoles, collèges et lycées publics.
La proposition de Zemmour va ainsi plus loin que les règles actuelles de laïcité en étendant à l’ensemble de l’espace public une obligation de discrétion religieuse qu’il revendique comme principe politique. Elle rejoint son soutien à l’interdiction générale du voile défendue dans le débat présidentiel, mais avec une différence importante : le président de Reconquête dit vouloir appliquer également l’interdiction à la kippa, tout en maintenant que le voile constitue à ses yeux la priorité.

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