Marine Le Pen veut réduire fortement le soutien financier français à l’Ukraine tout en maintenant une partie de l’aide militaire. Invitée de LCI mercredi soir, la candidate du Rassemblement national à la présidentielle a estimé que l’état des finances publiques françaises ne permettait plus de poursuivre l’effort actuel en faveur de Kiev. Une position vivement combattue ce jeudi par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.
« Financièrement, nous ne pouvons plus », a affirmé Marine Le Pen. La candidate RN précise toutefois qu’elle ne souhaite pas mettre un terme à l’ensemble du soutien français : « On peut continuer à former leurs soldats, leurs armées, on peut continuer à leur apporter du matériel pour pouvoir se défendre. » Elle justifie sa position par les contraintes budgétaires françaises et refuse que plusieurs milliards soient mobilisés à l’extérieur lorsque, selon elle, certaines dépenses sociales ne peuvent être financées en France.
Barrot accuse le RN de « faire le jeu » du Kremlin
Invité à son tour de LCI jeudi, Jean-Noël Barrot a vivement contesté cette orientation. « Les relations entre Vladimir Poutine, Marine Le Pen et le RN sont étroites. Les déclarations récentes sur le soutien à l’Ukraine font tomber les masques », a déclaré le chef de la diplomatie. Interrogé sur l’expression de « cheval de Troie de la Russie », il a indiqué qu’il pourrait la reprendre « sans trop de difficultés ». Selon lui, placer Kiev et Moscou à « équidistance » serait « irresponsable ».
La passe d’armes prolonge la polémique provoquée quelques jours auparavant par Louis Aliot. Le premier vice-président du RN avait proposé de « couper le robinet » de l’aide à l’Ukraine, suscitant de nombreuses réactions dans les autres camps politiques. Marine Le Pen formule désormais une ligne plus précise : arrêter ou réduire l’effort financier direct, mais conserver la formation des militaires ukrainiens et certaines livraisons de matériel.
Ce désaccord devrait également s’inviter vendredi à l’Élysée, où Emmanuel Macron doit recevoir les responsables des principaux partis politiques et les candidats à la présidentielle pour discuter de la situation internationale, de l’Ukraine et de ses conséquences pour la France.

Communauté
Commentaires
Écrire un commentaire
Soyez le premier à commenter cet article.