Rachida Dati continue de contester les accusations portées contre elle dans l’affaire Renault-Nissan. Pour la deuxième journée de son procès devant le tribunal correctionnel de Paris, ce jeudi 17 septembre, l’ancienne ministre doit notamment s’expliquer sur la réalité du travail d’avocate correspondant aux 900 000 euros qu’elle a perçus d’une filiale néerlandaise de l’alliance automobile entre 2009 et 2013.
Au cœur du dossier se trouve une convention d’honoraires conclue avec RNBV, filiale de Renault-Nissan. Rachida Dati affirme avoir travaillé sur des questions juridiques et réglementaires liées au développement international du groupe, notamment au Moyen-Orient et au Maghreb. Elle a évoqué des dossiers concernant notamment le Maroc, l’Algérie, la Turquie ou encore l’Iran. Sa défense soutient que cette activité d’avocate était parfaitement compatible avec son mandat de députée européenne.
L’accusation soupçonne une activité de lobbying
Les magistrats instructeurs défendent une lecture différente. Ils estiment que peu de documents permettent de retracer précisément les prestations correspondant aux 900 000 euros versés et soupçonnent que la convention d’honoraires ait pu masquer une activité de lobbying auprès des institutions européennes au bénéfice du constructeur. Plusieurs interventions de Rachida Dati au Parlement européen ont ainsi été examinées pendant l’instruction.
L’ancienne garde des Sceaux conteste fermement l’existence d’un pacte de corruption. Ses avocats affirment qu’elle a effectivement travaillé pour le groupe et réclament sa relaxe. Dès la première journée du procès, l’un d’eux avait assuré que Rachida Dati « veut être jugée parce qu’elle veut être relaxée ».
Carlos Ghosn, poursuivi dans le même dossier, n’est pas présent au procès. Installé au Liban, l’ancien patron de Renault-Nissan avait demandé un report de l’audience, demande rejetée mercredi par le tribunal. Rachida Dati, comme Carlos Ghosn, reste présumée innocente jusqu’au jugement.

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