Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé que la France a pris des mesures de restriction de circulation et d’accès au territoire visant certains dignitaires algériens. Cette décision intervient en pleine crise diplomatique entre les deux pays et vise à faire avancer certains dossiers sensibles, notamment la réadmission des Algériens en situation irrégulière et la libération de Boualem Sansal, écrivain incarcéré en Algérie. « Ce sont des mesures réversibles qui s’éteindront dès lors que la coopération à laquelle nous appelons reprendra », a précisé le chef de la diplomatie française, sans toutefois indiquer le nombre de personnes concernées ni depuis quand ces restrictions sont en vigueur.
Cette déclaration intervient alors que la France est profondément divisée sur la stratégie à adopter face à Alger. Deux camps s’opposent : les partisans du rapport de force, comme le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, et ceux qui prônent une approche plus diplomatique, comme Jean-Noël Barrot. Ce dernier, tout en appelant au dialogue, n’exclut pas de durcir les sanctions si l’Algérie ne fait pas preuve de coopération : « Je suis prêt à en prendre davantage si cette coopération n’est pas reprise, mais je le ferai toujours à bon escient et sans nécessairement en faire la publicité ».
Cette escalade diplomatique survient après un drame survenu à Mulhouse, où un Algérien en situation irrégulière de 37 ans est accusé d’avoir tué une personne et blessé sept autres lors d’une attaque à l’arme blanche. L’homme avait déjà fait l’objet de dix refus de réadmission par Alger, ce que le Premier ministre François Bayrou a jugé « inacceptable ». Ce dernier a promis une réponse ferme et envisage des mesures de rétorsion supplémentaires, notamment en matière de visas.
L’Élysée devrait se prononcer sur de nouvelles sanctions dès cette semaine, alors que les tensions entre Paris et Alger ne cessent de s’envenimer.